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Rémi Belleau

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Poète français (Nogent-le-Rotrou 1528 – Paris 1577).

Il publie sa première œuvre en 1556, une traduction des Odes d'Anacréon, suivie de « quelques petites hymnes de [son] invention, et autres diverses poésies ». Il s'agissait là d'un recueil très composite de pièces poétiques assez courtes : hymnes-blasons (genre à la mode et pratiqué à la même époque par Ronsard) consacrés à des animaux (le papillon, l'huître, l'escargot), ainsi qu'à toutes espèces d'entités (l'heure, l'ombre, les cornes, le pinceau), chansons, complaintes, épitaphes, épigrammes. Divers sont les thèmes (scientifiques, amoureux, mythologiques), divers également les registres (lyrique, épique, élégiaque, satirique).

La plus célèbre des œuvres de Belleau, la Bergerie, pastorale en prose et en vers imitée de l'Arcadie de Sannazzano (la première édition comprenant la « Première Journée » est de 1565 ; la seconde, en deux Journées, de 1572), est constituée d'une trame narrative très lâche dans laquelle sont insérées de nombreuses pièces poétiques de types variés, souvent composées antérieurement et indépendamment les unes des autres : idylles, chansons, sonnets pétrarquistes, baisers. De ces poèmes, la matière comme la manière sont celles des principales sources d'inspiration qui furent, successivement ou simultanément, dans les années 1550-1560, celles de tous les poètes de la Pléiade et de leurs disciples : le pétrarquisme, l'alexandrinisme, la poésie néolatine. À cette veine commune, Belleau imprime sa marque propre : la grâce alanguie, le raffinement précieux du style « mignard ».

C'est dans les Amours et Nouveaux Échanges des pierres précieuses, recueil d'hymnes-blasons publié en 1576 puis enrichi d'un complément dans l'édition posthume des œuvres du poète en 1578,  que le génie de Belleau apparaît. Si l'idée de « blasonner les pierres » n'était pas nouvelle (qu'on pense à la Couronne margaritique de Jean Lemaire de Belges), l'originalité du projet de Belleau consistait à « escrire des Pierres, tantost les déguisant sous une feinte métamorphose » (ce sont les Échanges), « tantost les faisant parler, et quelquefois les animant de passions amoureuses et autres affections secrètes » (ce sont les Amours). Comme son titre l'indique, l'œuvre comporte, d'une manière générale, deux types différents de pièces : des pièces lyrico– ou épico-narratives d'une part (les Amours, poèmes dans lesquels l'origine des pierres est rapportée aux amours de divinités ou d'êtres mythologiques), des pièces scientifico– ou lyrico-descriptives d'autre part (les Échanges, dans lesquels cette origine est expliquée par une métamorphose). Du point de vue du genre, ces pièces offrent une diversité plus grande encore : hymnes, élégies, contes, chansons à boire. Non moins grande est la variété de leur structure métrique, les poèmes non strophiques à rimes plates (dans les pièces narratives) alternant avec les poèmes strophiques (dans les pièces descriptives). Ce recueil se caractérise aussi par une vision cosmique de la Nature et une certaine réflexion philosophique.

Ce n'est qu'après la mort du poète que parut, en 1578, la première édition complète de ses œuvres, où figurait pour la première fois une comédie composée sans doute dans les premières années de sa carrière littéraire, la Reconnue.