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Apulée

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Écrivain latin (Madaure, Numidie, v. 125 – Carthage après 170).

Après des études à Carthage, ce Berbère romanisé se rendit à Athènes et parcourut la Grèce ; il y devint un adepte du platonisme et se fit initier à diverses religions orientales. Il revint ensuite en Afrique et s'établit à Carthage, où il donna de brillantes conférences de vulgarisation philosophique et scientifique, qui lui valurent une immense renommée. Curieux de tout, il est l'auteur de plusieurs opuscules de philosophie, dont quelques-uns (Platon et sa doctrine, le Dieu de Socrate...) sont parvenus jusqu'à nous. Il nous reste également de lui un plaidoyer (Apologia sive de magia), dans lequel il se défend, non sans humour, d'une accusation de magie, portée contre lui par les héritiers d'une riche veuve à la suite de son mariage suspect avec celle-ci, ainsi qu'une anthologie de ses conférences carthaginoises (les Florides).

Mais Apulée doit surtout sa célébrité à un roman en onze livres, les Métamorphoses ou l'Âne d'or, qui développe un canevas fourni par la « nouvelle » de Lucien de Samosate, Lucius ou l'Âne. Ce roman, écrit à la première personne comme le Satyricon de Pétrone, relate dans un style maniéré les pérégrinations à travers la Grèce d'un jeune Corinthien, accidentellement transformé en âne par la servante d'une magicienne. Dans la tradition des contes « milésiens », les dix premiers livres se présentent comme un roman d'aventures, riche en épisodes tantôt comiques, tantôt dramatiques, où violence et érotisme tiennent une place importante, et qui préfigurent le roman « picaresque » moderne. Mais ils incluent aussi, raconté par un personnage de vieille femme, un mythe d'inspiration platonicienne, le « Conte d'Amour et Psyché », qui occupe les deux livres centraux. Dans le onzième livre, fort différent des autres, le héros redevient un homme grâce à l'intervention de la déesse égyptienne Isis, au culte de laquelle il se fait ensuite initier avant d'entrer dans son clergé. Aussi les Métamorphoses, longtemps considérées comme un roman divertissant et quelque peu scabreux, sont-elles souvent interprétées, aujourd'hui, comme une œuvre ésotérique ayant une portée religieuse et mystique, suggérée à la fois par le dénouement et par le conte de Psyché : l'âme (en grec psyché) trouve le salut après une longue suite d'épreuves. Ni l'une ni l'autre de ces lectures ne fait l'unanimité des critiques, et ce roman, au demeurant d'une lecture attrayante, conserve beaucoup de son mystère.