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Angola

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Un « partage des eaux » s'effectue en Angola entre le néoréalisme portugais (dont l'apogée se situe dans les années 1940) et le mouvement de la négritude senghorienne dont l'influence est patente chez plusieurs des pensionnaires de la « Casa dos estudentes do Emperio », réunis à Lisbonne dans les années 1950, et dans le groupe d'intellectuels qui se rassemble, dès 1948, autour du poète Viriato da Cruz. La nécessité de concilier engagement politique et affirmation culturelle explique l'importance pour les intellectuels angolais de l'exemple du modernisme brésilien : les similitudes ethniques, sociales et climatiques entre le Brésil et les territoires portugais d'Afrique auront permis aux écrivains afro-lusitaniens une meilleure compréhension de leur spécificité. Évoluant d'une forme calquée sur les modèles occidentaux à une écriture qui s'efforce d'épouser les règles de l'oralité, les écrivains angolais peinent à s'affranchir de la littérature militante qui accompagna les mouvements de libération : la peinture de la réalité sociale et la contestation du colonialisme prédominent dans les œuvres de romanciers comme Mario Antonio (Chronique de la ville étrange, 1964), Arnaldo Santos (Quinaxixe, 1965), y compris après l'indépendance (Pepetela, Yaka, 1985), tandis que des poètes comme Agostinho Neto (Colectânea de poemas, 1961), marqués par le surréalisme, tentent d'exprimer leur malaise dans un portugais qui aurait dégorgé sa « blancheur ».