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Henri Frédéric Amiel

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Écrivain suisse de langue française (Genève 1821 – id. 1881).

Issu d'une famille protestante d'origine française, orphelin à 13 ans, Amiel fit de brillantes études, puis enseigna à l'Académie de Genève. Sa vie fut éclairée par la seule amitié de quelques femmes cultivées, dont Louise Wyder, son « Égérie ». Il aspira à la gloire littéraire, mais son œuvre poétique (de Grains de mil : Poésies et pensées, 1854, à Jour à jour, 1880), tout comme ses études (sur Mme de Staël, Rousseau) et articles ne lui valurent que des succès d'estime. À l'exception du succès populaire qu'il eut avec le chant patriotique « Roulez tambours », sa gloire sera posthume : de 1838 à 1881, il se consacrera à la rédaction exclusive d'un immense Journal intime de plus de 16 000 pages. Le retentissement fut immédiat. De nombreuses rééditions se succéderont, suivies de plusieurs traductions. Amiel y pousse l'introspection et le doute à son point de non-retour : « Ton défaut à toi, c'est la rêverie tournoyante, [...] tu te recueilles sans autre but que le recueillement, [...] redoutant tout ce qui engage, [...] tu fais de la méditation un opium, [...] un stratagème inconscient pour éluder les censures de la conscience » (3 juillet 1877). Y sont dévoilés bien des compromis et compromissions de la vie professionnelle ou culturelle. Tout en présentant des digressions (philosophie, religion, société), le Journal intime offre, sous le masque de l'aboulie chronique, une exploration des limites de la conscience, totalement libre de censures ou de tabous, aspects qui restent à étudier, tout comme la tentation de la dépersonnalisation et, à un autre niveau, les enjeux poétiques de bien des passages.