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Alphonse Allais

Alphonse Allais
Alphonse Allais

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Écrivain français (Honfleur 1854 – Paris 1905).

Humoriste de génie (il figure en bonne place dans l'Anthologie de l'humour noir de Breton), il a brillamment égayé et épinglé la France fin de siècle dans des petites revues puis dans des grands quotidiens de l'époque. Renonçant dans les années 1870 à la pharmacie paternelle, c'est à l'école des milieux bohèmes et anticonformistes parisiens qu'il fait ses débuts, se liant tout particulièrement à Charles Cros rencontré dans les réunions ludiques et festives du Club des hydropathes. En compagnie de l'illustre Sapeck, et autres fumistes déclarés, il développe son goût pour le canular et la mystification, et collabore au Tintamarre. Il participe à la fondation du cabaret du Chat noir dont il dirige la revue (1885-1891). Conteur et chroniqueur inlassable, il collabore ensuite régulièrement au Gil Bas et au Journal à partir de 1891, et devient rédacteur du Sourire en 1899. Il écrira ainsi plus d'un millier d'histoires drôles qu'il rassemble en volumes pour composer ce qu'il appelle ses œuvres « anthumes » : À se tordre, 1891 ; Vivre la vie, 1892 ; Rose et vert pomme, 1894 ; le Parapluie de l'escouade, 1894 ; Deux et deux font cinq, 1895 ; On n'est pas des bœufs, 1896 ; Amours, Délices et Orgues, 1898 ; l'Affaire Blaireau, 1899 ; le Captain Cap, 1902. Faisant plus que doubler le volume de ses publications, ses œuvres « posthumes » (1965-1970) révèlent l'écrivain obsessionnel et infatigable que fut ce pilier de café qui feignait l'indolence. Malmenant la langue, dont il souligne avec verve les inconséquences, il prend systématiquement le contrepied de la logique usuelle et dénonce, avec le sourire, l'égoïsme, le patriotisme, le cléricalisme, le conformisme des bourgeois de son temps. Considéré comme un humoriste et un fantaisiste, il est en fait un logicien et un linguiste remarquable, poussant jusqu'à l'absurde les paradoxes inscrits dans le langage commun. Si Allais excelle par-dessus tout dans le texte court, styliste de génie cultivant l'art de la chute et des élucubrations loufoques, il composa aussi quelques comédies, seul, ou en collaboration avec Alfred Capus et Tristan Bernard : l'Innocent Sylvéric ou les fonds hollandais (1896), le Pauvre Bougre et le bon génie (1899), Monsieur la Pudeur (1903).