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Vittorio Alfieri

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Écrivain italien (Asti 1749 – Florence 1803).

Au terme de huit années d'« inéducation » à l'Académie militaire de Turin, il parcourt l'Europe de 1766 à 1772, « plus en fugitif qu'en voyageur », impatient de mettre à l'épreuve sa haine croissante pour toute forme de tyrannie. À partir de 1775, il concentre toute son énergie dans la création tragique. De 1790 à 1803, il se consacre à la rédaction de sa Vie écrite par lui-même qui, dans une optique différente de celle de Rousseau, consacre de manière éclatante la naissance de l'autobiographie. Selon un cheminement proustien avant la lettre, cette œuvre retrace la naissance de sa vocation littéraire, qui est aussi une redécouverte de sa propre langue, l'italien, délaissé au profit du français. La chronologie de ses 21 tragédies est fort complexe. On peut, cependant, les décomposer en plusieurs grandes périodes créatrices. De 1776 à 1781, avec une ardeur quasi frénétique, il écrit 12 tragédies, contemporaines de son essai Sur la tyrannie (1777), où la psychologie du tyran, celle de l'homme libre et l'atmosphère de la Cour sont profondément analysées. La lutte contre la tyrannie est le thème central de ses pièces : Philippe, Polynice, Antigone, Oreste, Octavia, Don Garzia, Marie Stuart. Parmi ses plus grandes tragédies on compte : Saül (1782), où la conscience perplexe du héros constitue le principal ressort tragique ; Agamemnon, où la haine de la tyrannie qui anime ses précédentes tragédies politiques est ici singulièrement désamorcée par la faiblesse d'Agamemnon ; Myrrha (1787), où le déchirement intérieur de la protagoniste, qui ne parvient pas à se libérer de la passion incestueuse pour son père, constitue la véritable trame de l'œuvre. Alors qu'il dirige à Paris, à partir de 1787, l'édition définitive de ses tragédies, accompagnées de Jugements, Alfieri assiste aux débuts de la Révolution française, qui lui inspire d'abord une ode enthousiaste (Paris débastillé), reniée plus tard dans le violent pamphlet antifrançais et antirévolutionnaire du Misogallo (1798). On lui doit également un recueil d'environ 300 poèmes (Rime), plusieurs essais où le héros classique et le poète sont associés dans un même idéal de rénovation nationalec (le Panégyrique de Pline à Trajan, 1785 ; Dialogue de la vertu inconnue, 1786 ; Du Prince et des lettres, 1789), une tentative avortée de « tramélogédie » (Abel), 17 satires et 6 comédies politico-didactiques (l'Un, les trop, les Peu, l'Antidote, la Petite Fenêtre, le Divorce).