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Mateo Alemán

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Écrivain espagnol (Séville 1547 – au Mexique v. 1614).

Moralisateur, marqué par l'esprit de la Contre-Réforme, il est l'auteur de Guzman d'Alfarache, grand roman picaresque en deux parties (Madrid, 1599 – Lisbonne, 1604) dans lequel le personnage éponyme connaît des aventures délictueuses et se voit gratifié du nom de picaro. Le livre connut un succès immédiat et durable : l'année même de sa parution, il bénéficia de trois autres éditions et un imitateur, Mateo Luján de Sayavedra, fit paraître une deuxième partie avant Mateo Alemán. Roman plus ample que le Lazarillo de Tormes (1554, anonyme), Guzman permet au picaresque, en tant que genre, de prendre sa forme définitive. Le héros-narrateur déroule sa vie et présente son récit comme un itinéraire symbolique dont les étapes ne sont pas seulement celles d'un voyage mais d'une évolution spirituelle, à travers des lieux chargés de sens. Guzman mérite pleinement son nom de picaro : anti-héros sans idéal grandiose, il est animé du seul souci de vivre au jour le jour et de goûter à quelques joies terrestres sans trop se préoccuper de la valeur morale des moyens qui conduisent à cette fin. Aux difficultés journalières de sa condition d'homme, il réagit par le rire, la débrouillardise ou le haussement d'épaules. Dans son épopée, le pichet de vin remplace le Saint-Graal ; la bastonnade, les combats héroïques ; la prostituée, la belle dame des chevaliers. Guzman, comme ses avatars littéraires, est un homme. Lesage en fera, en France, une célèbre adaptation (1732) à partir de la troisième traduction de Gabriel Brémond. Alemán connut la prison (1580), émigra au Mexique (1608) où il écrivit son Orthographe castillane (1609).