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Henri Alban Fournier, dit Alain-Fournier

Alain-Fournier
Alain-Fournier

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Écrivain français (La Chapelle-d'Angillon 1886 – Hauts de Meuse 1914).

La vie d'Alain-Fournier est marquée par la retenue et la fulgurance. Retenue : l'enfance modeste en Sologne auprès de parents instituteurs et d'une sœur aimée, Isabelle ; les études qui le conduiront à l'École normale supérieure ; l'amitié avec Jacques Rivière, devenu son beau-frère, qu'une volumineuse Correspondance (1926-1928) a fixée pour toujours ; l'intérêt pour l'art de son temps : le symbolisme, Maeterlinck et Debussy, Péguy et Claudel. Fulgurance : « l'aventure capitale » (J. Rivière), la rencontre, en 1905, le jour de l'Ascension, d'Yvonne de Quiévrecourt. Il l'aime aussitôt et absolument, la revoit le jour de la Pentecôte et lui parle. Il note ce qu'il a gardé de leur conversation. Il la reverra des années plus tard, mariée et mère de famille. La guerre éclate. Le 22 septembre 1914, le lieutenant Fournier est porté disparu. Destinée romanesque, amour impossible chez un homme qui avait tout pour lui : charme et intelligence, goût de l'absolu et jeunesse, talent enfin.

Paru en 1913, son unique roman, le Grand Meaulnes, avait aussitôt connu le succès. Le livre évoque la rencontre du jeune Augustin Meaulnes, arrivé dans une petite école de Sologne, et de François Seurel, le narrateur. La vie de ce dernier en sera bouleversée. Le roman, plein de « ferveur, de tristesse et d'extase » (J. Rivière), égrène les rêves d'une adolescence hantée par les paradis perdus de l'enfance dont Alain-Fournier fit son credo artistique, entremêlant le merveilleux poétique et l'humble réalité quotidienne. La finesse de l'écriture rend avec art l'amertume du souvenir, les vaines espérances et une douce nostalgie.

Alain-Fournier quêta le bonheur refusé auprès d'autres femmes, les unes obscures (« la petite Jeanne » ou « Loulette »), la dernière célèbre, puisqu'il s'agissait de Mme Simone, actrice connue, épouse de Claude Casimir-Perier, dont Alain-Fournier était le secrétaire en 1912. C'est auprès de Simone qu'il ébaucha une pièce de théâtre, la Maison dans la forêt, et un autre roman, Colombe Blanchet (publié en 1924). La même année paraît Miracles, récits poétiques en vers et en prose, très proches du Grand Meaulnes par leur thématique.