En un an, la Belgique bascule dans une grave crise économique et financière : la capitalisation boursière s'effondre de moitié, les exportations de 30 %, la production industrielle de 14 % et les mises en chantier de nouvelles maisons de 22 %. Révélant la très forte dépendance extérieure du pays, l'automobile – en particulier en Flandre – voit de fortes menaces s'accumuler sur les établissements des groupes américains en difficulté (Ford Gand : 4 900 salariés) alors que Volvo (6 790 salariés) est en vente et qu'Opel à Anvers (4 100 salariés), ancienne filiale de General Motors en faillite, est menacé de fermeture ; les 3 550 emplois des quatre principaux sous-traitants étant par contrecoup très menacés. Mais, c'est bien sûr l'effondrement des principaux groupes financiers du pays (KBC, Fortis, Dexia) qui a l'impact le plus considérable sur l'économie nationale. Malgré un premier plan de sauvetage public en septembre 2008, la 1re banque belgo-néerlandaise Fortis, qui perd 34,7 Mds € en 2008 et qui est, au premier trimestre 2009, mise en faillite. Alors que Fortis Bank Nederland est repris par le néerlandais ABN Amro, après de nombreuses passes d'armes entre Bruxelles, Paris et La Haye, la Belgique connaît, au printemps 2009, un imbroglio politique et financier du fait du blocage du rachat de Fortis Belgique par le français BNP Paribas, avant que celui-ci ne soit définitivement acté, malgré les protestations véhémentes de nombreux petits actionnaires, en particulier flamands, qui perdent une large partie de la valeur de leurs placements.
L'élection au Parlement européen du 7 juin 2009 a été largement éclipsée par les élections régionales qui se traduisent par une accentuation de la césure géopolitique du pays, du fait en particulier de la situation flamande. Face à l'érosion de 12,4 % des partis traditionnels, chrétiens-démocrates et libéraux et à la marginalisation des socialistes (15 %) et des verts (6 %), on assiste en effet à la spectaculaire percée des partis nationalistes flamands, militant ouvertement pour un démembrement de la Belgique, qui cumulent 36 % des voix : si le Vlaams Belang d'extrême-droite perd 8,8 % de ses voix et stagne à 15,3 %, on assiste à la montée des nationalistes de la Nouvelle Alliance Flamande de Bart De Wever (13 %) et de la Liste Dedecker (7,6 %). À l'opposé, les socialistes et les libéraux du Mouvement réformateur continuent à se battre pour la première place en Wallonie (PS : 33 %, MR : 23,5 %) et à Bruxelles (MR : 26,5 %, PS : 23,3 %). Cependant, face à l'usure du système des partis traditionnels, la grande nouveauté réside dans la forte percée des verts qui gagnent 250 000 voix, obtenant 18 % des voix en Wallonie (+ 10 %) et à Bruxelles (+ 9,5 %). Dans un pays déjà largement fédéralisé où 70 % du budget national est déjà régionalisé, ces élections vont relancer dans les mois qui viennent les revendications flamandes de « réforme de l'État ».