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Cassini

Cassini
Cassini

Famille d'astronomes et de géodésiens français d'origine italienne, dont quatre représentants se sont succédé à la tête de l'Observatoire de Paris après sa fondation.

Jean Dominique, dit Cassini Ier (Perinaldo, Imperia, 1625-Paris 1712). Après de solides études de lettres, de théologie et de droit, une grande curiosité intellectuelle le pousse vers les mathématiques et l'astronomie. Un riche astronome amateur, le marquis Cornelio Malvasia (1603-1664), sénateur de Bologne, l'invite à venir travailler dans son observatoire. En 1650, grâce à son protecteur, il est nommé professeur d'astronomie à l'université de Bologne. En 1663, il entre au service du pape. Sa notoriété franchit les frontières et, en 1669, à la demande de Colbert, il vient en France, pour participer aux travaux de la toute nouvelle Académie des sciences et organiser l'Observatoire de Paris, alors en construction. Une fois l'établissement achevé, en 1671, et équipé, grâce à lui, de moyens importants pour l'époque, il en devient le directeur de fait et, malgré plusieurs rappels du pape, préfère rester en France. Observateur très actif, il va s'illustrer par de nombreuses découvertes concernant le Système solaire. Il met notamment en évidence quatre satellites de Saturne, dont il détermine les orbites (Japet, 1671 ; Rhéa, 1672 ; Téthys et Dioné, 1684), ainsi qu'une division (qui porte à présent son nom) dans l'anneau qui entoure la planète (1675). Il s'attache aussi à poursuivre les observations des surfaces planétaires qu'il a entreprises avant son installation en France : dès 1665, il est parvenu à déterminer la période de rotation de Jupiter (dont il a aussi noté l'aplatissement aux pôles), et, en 1666, celle de Mars. Il dessine une grande carte de la Lune, achevée en 1679, qui restera sans rivale jusqu'à l'apparition de la photographie. En 1683, il participe à une nouvelle mesure d'un arc du méridien de Paris ; interrompus par la mort de Colbert, les travaux ne reprendront qu'en 1700 et seront menés à bien jusqu'à Perpignan. Il explique aussi les librations de la Lune, découvre la lumière zodiacale et publie, en 1693, de nouvelles tables des satellites de Jupiter. Au début du xviiie s., Cassini Ier abandonne peu à peu ses activités. Devenu aveugle en 1710, il meurt deux ans plus tard, à Paris, et est inhumé à Saint-Jacques-du-Haut-Pas, sa paroisse.

Jacques, dit Cassini II (Paris 1677-Thury, Oise, 1756). Fils cadet de Cassini Ier, il s'oriente tout naturellement vers l'astronomie après des études à l'Observatoire même (au domicile familial), puis au collège Mazarin, et dès 1694 est admis comme « élève » à l'Académie des sciences. Associé très tôt aux travaux de son père, il l'accompagne dans ses voyages à travers l'Europe, au cours desquels il effectue des observations géodésiques ou astronomiques. Il se lie d'amitié avec Isaac Newton, Edmond Halley, John Flamsteed, et est admis à la Royal Society ainsi qu'à l'Académie de Berlin. Ses travaux personnels en astronomie concernent principalement les planètes et leurs satellites, les comètes et les marées. Mais il reste plus connu par ses travaux géodésiques. Cartésien convaincu, comme son père, il s'appuie sur les résultats de ses mesures d'un arc du méridien de Paris, dans un important mémoire intitulé De la grandeur et de la figure de la Terre (1722), pour rejeter l'hypothèse de l'aplatissement de la Terre aux pôles, défendue par les partisans de la théorie de l'attraction universelle de Newton. Après 1740, comprenant l'inutilité de son opposition aux idées nouvelles, il abandonne progressivement son activité scientifique, laissant à son fils César François le soin de la poursuivre. Il meurt en 1756 des suites d'un accident de voiture en se rendant dans sa propriété et est inhumé dans l'église de Thury.

César François Cassini de Thury, dit Cassini III (Thury 1714-Paris 1784). Second fils de Cassini II, il étudie, lui aussi, au domicile familial de l'Observatoire de Paris. Sa carrière scientifique débute à l'époque où culmine en France le débat qui oppose les partisans de Descartes et ceux de Newton sur la forme de la Terre. Il va s'illustrer comme géodésien et cartographe. Après avoir participé aux opérations géodésiques de 1733-1734 entreprises par son père, il est admis à l'Académie des sciences en 1735. Les relevés cartographiques qu'il effectue en Flandre et dans les Pays-Bas en 1746-1747 sont très appréciés par Louis XV, qui lui confie ensuite la responsabilité d'établir une nouvelle carte de France. L'entreprise débute en 1750, mais la publication ne sera achevée qu'en 1815. Cette carte de Cassini, à l'échelle d'une ligne pour 100 toises (1/86 400), comportant 182 feuilles, sera l'ancêtre de la carte d'état-major. En 1771, Cassini III devient le premier directeur en titre de l'Observatoire de Paris. Il meurt en 1784 de la petite vérole.

Jean Dominique de Cassini, dit Cassini IV (Paris 1748-Thury 1845). Fils de Cassini III, il poursuit son œuvre. Admis à l'Académie des sciences en 1770, il achève les travaux de la carte de France en 1787 et participe aux opérations géodésiques de raccordement des méridiens de Paris et de Greenwich. À la mort de son père, il devient officiellement directeur de l'Observatoire de Paris, dont il engage la restauration et la réorganisation. Foncièrement attaché à la monarchie, il se démet de ses fonctions en 1793 ; l'année suivante, après quelques mois d'emprisonnement, il se retire à Thury. Après la Révolution, maire, juge de paix, conseiller général, il sera pensionné et décoré par Napoléon, puis par Louis XVIII.