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le Cuirassé Potemkine

Bronenosec Potemkin

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des films ».

Film historique et politique de Serguei Mikhaïlovitch Eisenstein, avec Alexandre Antonov (Vakoulintchouk), Vladimir Barsky (le commandant Golikov), Grigori Aleksandrov (son second Guliarovsky), Mikhaïl Gomarov (le marin Matouchenko), des acteurs du Proletkult, les équipages soviétiques de la mer Noire et la population d'Odessa.

  • Scénario : Serguei Mikhaïlovitch Eisenstein, d'après un récit de Nina Agadjanova-Choutko
  • Photographie : Edouard Tissé
  • Décor : Rakhals
  • Musique : Nikolai Krioukov
  • Montage : S.M. Eisenstein
  • Production : Goskino (Moscou)
  • Pays : U.R.S.S.
  • Date de sortie : 1925
  • Durée : 1 850 m (environ 1 h 08)

Résumé

Des marins de la flotte russe en mer Noire discutent dans leur hamac pendant la période de repos. On leur sert de la viande avariée ; les hommes achètent des conserves et refusent la soupe. Ils sont rassemblés sur l'arrière du cuirassé et menacés par le commandant. Certains se ruent vers la tourelle. Les hommes restés sur le gaillard d'arrière sont recouverts d'une bâche et le commandant donne l'ordre de les fusiller, mais le peloton refuse de tirer. Les mutins prennent les armes et jettent les officiers par-dessus bord.

Dans la mêlée, le meneur, Vakoulintchouk, est mortellement blessé. Son corps est exposé sur un quai du port d'Odessa et la population se rassemble pour le saluer. Les marins fraternisent avec les habitants de la ville. Soudain, un régiment de cosaques avance sur l'escalier qui surplombe le port et tire sur la foule ; les manifestants fuient dans la plus grande panique. Le navire appareille et va affronter l'escadre russe ; après une nuit d'attente, au matin, des cris de ralliement jaillissent des autres navires : « Frères ! Frères !… »

Commentaire

Une œuvre d'enthousiasme

Après avoir réalisé son premier essai d'agit prop cinématographique avec la troupe des acteurs du Proletkult, la Grève en 1924, S.M. Eisenstein enchaîne aussitôt en acceptant une commande pour le 20e anniversaire de la Révolution de 1905. Il a alors 27 ans. Il écrit d'abord avec Nina Agadjanova-Choutko et commence à réaliser quelques épisodes à Léningrad et à Bakou. C'est le mauvais temps qui le contraint à concentrer son projet sur l'épisode de la mutinerie du Potemkine. Le film est réalisé en sept semaines entre fin septembre et début novembre 1925, à partir d'un canevas de quelques pages. Certains épisodes sont improvisés en cours de tournage. Aussitôt monté et présenté, le Cuirassé Potemkine soulève l'enthousiasme du public soviétique, puis international.

L'originalité du film repose d'abord sur le refus de la conception traditionnelle et littéraire du personnage au profit du « type » social et politique : ainsi l'anonymat des soldats qui tirent sur la foule et le typage des victimes (la mère à l'enfant, le cul-de-jatte, la femme au landau, etc.). Mais c'est surtout le choix privilégié du cadrage en plans de détails et en plans serrés, leur articulation dans un montage au rythme très rapide, quasi paroxystique dans les scènes violentes (scènes de la révolte sur le cuirassé, scène de la répression sur l'escalier) qui caractérisent à la fois la démarche radicale du cinéaste et l'impact produit sur le public, littéralement bouleversé et soulevé par un enthousiasme communicatif, dans des conditions voisines de celle de l'exécution d'une partition musicale in vivo.