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le Corbeau

Drame d'Henri-Georges Clouzot, avec Pierre Fresnay (Dr Germain), Ginette Leclerc (Denise), Pierre Larquey (Dr Vorzet), Micheline Francey (Laura Vorzet), Antoine Balpétré (Dr Delorme), Louis Seigner (Dr Bertrand), Noël Roquevert (Saillens), Pierre Bertin (le sous-préfet), Héléna Manson (Marie Corbin), Roger Blin (le cancéreux), Sylvie (la mère du cancéreux), Jeanne Fusier-Gir (la mercière), Liliane Maigné (Rolande).

  • Scénario : Louis Chavance
  • Photographie : Nicolas Hayer
  • Décor : André Andrejew
  • Musique : Tony Aubin
  • Montage : Marguerite Beaugé
  • Production : Raoul Ploquin (Continental Films)
  • Pays : France
  • Date de sortie : 1943
  • Son : noir et blanc
  • Durée : 1 h 33

Résumé

Une petite ville de province est perturbée par une multiplication de lettres anonymes signées « Le Corbeau ». Le Dr Rémi Germain, ombrageux et mal vu des bien-pensants, en est la première cible : il est accusé de pratiquer des avortements et d'être l'amant de Laura Vorzet, épouse du psychiatre de l'hôpital. Tour à tour, le médecin-chef puis l'économe sont attaqués par le « Corbeau ». La rumeur publique s'en prend à l'infirmière Marie Corbin, à qui son abord revêche a valu bien des inimitiés. Germain devient l'amant de Denise, une jeune femme boiteuse à l'esprit libre, suscitant la jalousie ambiguë d'une adolescente, Rolande. Les notables se réunissent et conviennent qu'il faut chasser Germain, l'étranger… Mais le Dr Vorzet, prônant les méthodes scientifiques, organise une longue dictée, imposée à tous les suspects pour démasquer l'anonymographe. Un malade de l'hôpital apprend par une lettre du « Corbeau » qu'il est atteint d'un cancer du foie et se tranche la gorge. Sa mère décide de le venger ; elle découvrira l'identité du « Corbeau » en même temps que le Dr Germain…

Commentaire

Une fable cynique

Un scénario remarquable (inspiré d'un fait divers d'avant-guerre, l'affaire de Tulle), des dialogues percutants (les textes des lettres du « Corbeau » sont d'un langage imagé inimitable !), une interprétation brillante où l'on retrouve tous les grands « seconds rôles » du cinéma français des années 1940 : le Corbeau est un indiscutable chef-d'œuvre. Ce qui ne l'a pas empêché d'être interdit à la Libération pour avoir été produit par la firme allemande Continental Films. Circonstance aggravante, mais jamais vérifiée, il aurait été distribué en Allemagne sous le titre Une petite ville française, participant ainsi à une propagande insultante. En réalité, Clouzot s'en prend dans le Corbeau à la contagion de la délation, dont on sait qu'elle fut une triste réalité pendant l'occupation allemande… C'est donc plutôt son réalisme psychologique qui a dérangé : on n'avait pas l'habitude d'une telle noirceur, à l'époque, ni du cynisme déployé par Clouzot à travers les propos de ses principaux personnages. Autour d'un Pierre Fresnay désabusé, Pierre Larquey, Antoine Balpêtré, Louis Seigner, Noël Roquevert ou Pierre Bertin ont trouvé dans le Corbeau, pour une fois, des rôles à leur mesure. La scène où Larquey expose sa théorie sur la relativité du bien et du mal en faisant balancer une ampoule électrique prend une valeur symbolique qui résume bien, au-delà des croquis pittoresques, la morale de la fable de Clouzot.

Otto Preminger a réalisé un remake intitulé The Thirteenth Letter, avec Charles Boyer, Linda Darnell, Constance Smith, Michael Rennie, Françoise Rosay.

  • Pays : États-Unis
  • Date de sortie : 1951
  • Durée : 1 h 25