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la Belle et la Bête

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des films ».

Drame merveilleux de Jean Cocteau, avec Jean Marais (Avenant, la Bête, le Prince), Josette Day (Belle), Michel Auclair (Ludovic), Mila Parely (Félicie), Nane Germon (Adélaïde), Marcel André (le père), Raoul Marco (l'usurier).

  • Scénario : Jean Cocteau, d'après le conte de Mme Leprince de Beaumont
  • Conseiller technique : René Clément
  • Photographie : Henri Alekan
  • Décor : Christian Bérard, René Moulaert
  • Musique : Georges Auric
  • Montage : C. Héria
  • Production : André Paulvé
  • Pays : France
  • Date de sortie : 1946
  • Son : noir et blanc
  • Durée : 1 h 36
  • Prix : Prix Louis-Delluc 1945

Résumé

Un marchand à demi-ruiné vit avec ses trois filles, Félicie, Adélaïde, Belle, et son fils, Ludovic. Belle est entièrement soumise au bon vouloir de ses deux sœurs. Avenant, un ami de la famille, voudrait l'épouser, mais elle se refuse à quitter son père. Celui-ci se perd un jour dans le jardin d'un étrange château où il cueille une rose pour sa fille. Le propriétaire du lieu le surprend : c'est un monstre, mi-homme mi-bête. Il lui promet la mort, à moins que sa fille ne vienne prendre sa place en ces lieux. Le père retourne chez lui, et Belle se sacrifie : elle accepte de se rendre au château. D'abord effrayée par la bête, elle découvrira peu à peu son cœur d'homme.

Commentaire

De l'autre côté du miroir

Ce n'est pas seulement le sujet, adapté d'un conte du xviiie siècle, qui rend ce film merveilleux, c'est aussi la façon dont Cocteau écrit un récit avec le cinéma. Tout ici est magie : d'abord les décors où la vie s'immisce au cœur de la pierre (avec la formidable idée des candélabres tenus par des bras nus sortant des murs), ensuite les mouvements (qu'on se souvienne de cette image où Josette Day se déplace dans les corridors sans donner l'impression de marcher, comme « immobile à grands pas »), la lumière, enfin, qui, selon Alekan, « dynamise l'action » (ainsi, quand la porte du château semble s'ouvrir sous la poussée de l'ombre grandissante du père).

La modernité de Cocteau est sans doute là : dans cette façon qu'il a d'utiliser le réalisme de l'image, continuelle source d'émerveillement du spectateur (sur l'écran, « ce qu'on voit, on le voit », dit le cinéaste), pour nous raconter ou, mieux, pour nous montrer des faits et gestes qui sont du ressort de l'invention poétique. Ainsi, la poésie devient comme le double de notre monde.