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Théorème

Teorema

Film de politique-fiction de Pier Paolo Pasolini, avec Terence Stamp (le visiteur), Silvana Mangano (Lucia, la mère), Massimo Girotti (Paolo, le père), Anne Wiazemsky (Odetta, la fille), Andres José Cruz (Pietro, le fils), Laura Betti (Emilia, la bonne), Ninetto Davoli (Angiolino, le messager).

  • Scénario : Pier Paolo Pasolini, d'après son roman
  • Photographie : Giuseppe Ruzzolini
  • Décor : Luciano Puccini
  • Musique : Ennio Morricone et Requiem de Mozart
  • Montage : Nino Baragli
  • Production : Franco Rossellini, Manolo Bolognini
  • Pays : Italie
  • Date de sortie : 1968
  • Son : NB et Couleurs
  • Durée : 1 h 38
  • Prix : Prix de l'Office catholique international du cinéma (O.C.I.C.), Venise 1968

Résumé

Dans une famille bourgeoise (père industriel, mère frustrée, fils et fille étudiants, servante) arrive, annoncé par un « messager », un étrange visiteur, jeune, beau, aimable, taciturne, qui bouleverse ces vies bien ordonnées : chacun s'éprend de lui à sa manière et parvient, grâce à lui, à l'assouvissement de ses désirs sexuels les plus secrets. Quelque temps plus tard, quand il annonce son départ, c'est la panique : par sa présence, il a permis à chacun de découvrir sa propre vérité. Lui parti, tous se remettent en question : la servante retourne à son village, ne mange plus que des orties et fait des miracles ; la fille, atteinte de dépression nerveuse, doit être internée ; le fils se met à peindre tout en étant amèrement conscient de la médiocrité de ses œuvres ; la mère se jette dans la nymphomanie puis dans la religion. Quant au père, il abandonne son usine, qu'il a léguée à ses ouvriers, et s'enfonce, tout nu, dans un désert volcanique.

Commentaire

Géométrie dans les spasmes

Après un prologue en style de reportage où sont interrogés les ouvriers de l'usine, le film se poursuit en noir et blanc jusqu'à l'arrivée du visiteur : la couleur semble alors signifier que commence la « vraie vie » ou que, du moins, chacun des membres de la famille a la révélation de sa vérité profonde et refoulée. Dans le langage métaphorique de Pasolini, il s'agit d'une révélation-révolution, le psychologique étant toujours conditionné par l'appartenance de classe chez ce chrétien marxiste pour qui la grâce (le visiteur est précédé par l'ange de l'Annonciation – qui se prénomme Angiolino, l'Angelot – comme dans la mystique chrétienne) est une autre forme de la prise de conscience, qu'elle soit d'ordre sexuel, artistique ou social, cette dernière forme étant suggérée de manière sarcastique dans le cas du mari qui effectue spontanément la « nationalisation » de ses biens, et se déshabille en pleine gare de Milan tout comme saint François s'était dépouillé de ses richesses. L'attribution du prix de l'O.C.I.C. (par un jury présidé par un jésuite) suscita un scandale dans certains milieux catholiques et valut à Pasolini un procès pour obscénité, qu'il gagna. La lucidité corrosive de cette fable sociale justifie son titre, qui se veut affirmation provocante d'une démonstration indiscutable.