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The Servant

The Servant

Drame de Joseph Losey, avec Dirk Bogarde (Hugo Barrett), Sarah Miles (Vera), James Fox (Tony), Wendy Craig (Susan), Patrick Magee, Catherine Lacey, Richard Vernon, Alun Owen, Hazel Terry.

  • Scénario : Harold Pinter, d'après le roman de Robin Maugham
  • Photographie : Douglas Slocombe
  • Décor : Ted Clements, Bill Alexander
  • Musique : John Dankworth
  • Montage : Reginald Mills
  • Production : J. Losey, Norman Priggen
  • Pays : Grande-Bretagne
  • Date de sortie : 1963
  • Son : noir et blanc
  • Durée : 1 h 57

Résumé

Jeune aristocrate, Tony engage un domestique le jour même où il emménage dans sa nouvelle demeure. Ce valet de chambre, Barrett, le fascine sans qu'il en ait d'abord conscience : Tony est un être fragile, superficiel, qui ne s'entend pas réellement avec sa fiancée Susan. Il cède lentement à une attirance toute cérébrale qui fait de lui le jouet de Barrett. Celui-ci le convainc d'engager comme bonne sa prétendue sœur, Vera, qui est en réalité sa maîtresse et deviendra celle de Tony. Le jeune homme rompt avec Susan et s'enfonce dans la déchéance physique et morale.

Commentaire

Une fable à plusieurs étages

Losey lui-même a déclaré que The Servant était une variante moderne de la fable de Faust. Il y a en effet quelque chose de méphistophélique dans la manière dont Barry « investit » et « envahit » la vie de Tony, en donnant presque jusqu'à la fin (désespérée) l'impression qu'il veut seulement lui rendre service, lui être agréable : et, de fait, le film repose sur l'ambiguïté du renversement qu'il implique. Si Tony révèle sa servilité, Barrett n'en est pas pour autant exempt : on a parfois le sentiment que Vera l'utilise autant qu'il l'utilise. Le puritanisme de Losey qui, s'il ne condamne pas ses personnages, s'en tient à distance, reparaît ici. L'homosexualité latente des deux hommes n'est que l'occasion d'une réflexion sur le Mal métaphysique à l'œuvre dans l'inconscient. Leur échange passe du jeu au drame, à l'image du décor où l'escalier tient une place obsédante, la menace de corruption suprême se situant au sommet. Le brillant dialogue de Pinter, une photo très soignée qui oppose quelques scènes d'extérieur (neige, statues blanches) aux contre-jours et irisations de la demeure de Tony, et, par-dessus tout, l'interprétation de Dirk Bogarde, ont assuré le succès du film. Ce succès a fait du metteur en scène, après celui de Temps sans pitié (et malgré la « catastrophe » d'Eva), un cinéaste reconnu à l'échelle européenne. Il était temps : Losey avait déjà 54 ans.