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Soupe au canard

Duck Soup

Film burlesque de Leo McCarey, avec Groucho Marx (Rufus T. Firefly), Harpo Marx (Pinky), Chico Marx (Chicolini), Zeppo Marx (Bob Roland), Margaret Dumont (Mrs. Teasdale), Louis Calhern (Trentino), Raquel Torres (Vera Marcal), Edgar Kennedy (le marchand de limonade).

  • Scénario : Bert Kalmar, Harry Ruby, Arthur Sheekman, Nat Perrin
  • Photographie : Henry Sharp
  • Décor : Hans Dreier, Wiard B. Ihnen
  • Musique : B. Kalmar, H. Ruby
  • Montage : LeRoy Stone
  • Production : Benjamin P. Schulberg (Paramount)
  • Pays : États-Unis
  • Date de sortie : 1933
  • Son : noir et blanc
  • Durée : 1 h 10

Résumé

La richissime Mrs. Teasdale est prête à renflouer les pauvres finances de la Freedonie à une condition : que Rufus T. Firefly soit nommé chef du gouvernement. La Sylvanie, puissant voisin, accepte cette nomination de mauvaise grâce et compte sur son ambassadeur, Trentino, qui a des vues sur la milliardaire. Trentino engage deux espions, Pinky et Chicolini, qui installent un stand de cacahuètes sous les fenêtres du Premier ministre pour le narguer. Résultat : Chicolini est nommé ministre de la Guerre. Firefly provoque Trentino lors d'une réception mondaine et la guerre semble inéluctable. L'ambassadeur charge ses espions de dérober les plans de bataille et, après une confuse soirée, Chicolini est arrêté. Au tribunal, il ne doit son salut qu'à la déclaration de guerre. Au front, le camp retranché freedonien est en mauvaise posture et Firefly fait même tirer sur ses propres troupes ; mais une percée trop audacieuse de Trentino lui coûtera la victoire avant que Mrs. Teasdale ne soit finalement bombardée… à coups de pommes.

Commentaire

Une œuvre débridée furieusement critique

Le plus célèbre des films marxiens doit moins à Leo McCarey qu'Une nuit à l'Opéra à Irving Thalberg… et cela explique le privilège absolu accordé à Soupe au canard par les marxistes de tout poil. Le cinéaste ne chercha pas à canaliser la folie des frères Marx : l'eût-il voulu qu'il n'aurait rien pu faire et il avoua garder un souvenir plutôt éprouvant du tournage (« Je préfère payer pour les voir au cinéma plutôt que de les diriger moi-même »). McCarey apporta cependant sa science du découpage, et l'efficacité de sa mise en scène n'est pas pour rien dans la remarquable tenue d'une œuvre débridée s'il en fût.

Jamais les frères Marx ne furent aussi fondamentalement méchants. La pauvre Margaret Dumont croule d'emblée sous les lazzi de Groucho, mais les meilleures crasses vont à l'odieux Trentino, et surtout à Edgar Kennedy qui apprend à ses dépens qu'il est rigoureusement impossible de vendre de la limonade quand Chico et Harpo font, à quelques pas, le commerce des cacahuètes (« Peanuts ») ! La critique furieuse de la guerre, de la politique et de la justice parferont l'image anarchiste du groupe et contribueront à l'éternelle cote d'amour d'un film qui, dès 1933 (!), s'affirmait antimunichois – remarquable analyse concrète de la situation. La folie, la méchanceté et la démesure viennent d'abord du burlesque, du cirque et du vaudeville. Le résultat est d'autant plus convaincant que les numéros musicaux (merci Leo) n'interrompent pas l'action, mais la rendent plus délirante encore. Soupe au canard est aussi le film où la moto d'un side-car part toute seule (avant que ce ne soit l'inverse), où les clowns retrouvent le plaisir du miroir brisé et les artistes du music-hall celui des situations tarabiscotées. Mais rien n'est dit tant que l'on garde la parole au lieu de la donner aux intéressés :

– G roucho (en pleine guerre) : Vous avez reçu une réponse à mon message ?

–  tÉlÉgraphiste :Non, mon général.

– G roucho :Bon, dans ce cas, ne l'envoyez pas.