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le Silence de la mer

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le Silence de la mer

Drame psychologique de Jean-Pierre Melville, avec Nicole Stephane (la nièce), Jean-Marie Robain (l'oncle), Howard Vernon (von Ebrennac).

Scénario : Jean-Pierre Melville, d'après la nouvelle de Vercors
Photographie : Henri Decae
Musique : Edgar Bischoff
Montage : J.-P. Melville, H. Decae
Pays : France
Date de sortie : 1947
Technique : noir et blanc
Durée : 1 h 26


Résumé
Dans le Jura, pendant la guerre, un officier allemand est logé chez l'habitant. Il se heurte à la « résistance » du silence de l'oncle et de la nièce. Lui seul parle, de son amour de la France, des auteurs qu'il aime, de son horreur de la guerre. Eux l'écoutent sans lui répondre, avec une certaine estime, et même, dans le cas de la nièce, une sorte d'amour.


Commentaire
Ce film est doublement important. D'abord, il fut entrepris par Melville en franc-tireur et sans argent. Pour pouvoir réaliser un film, il fallait alors transiter par l'assistanat et obtenir une carte professionnelle. Melville passa outre, donnant ainsi l'exemple aux cinéastes de la Nouvelle Vague. Mais il est important surtout par la nouveauté qu'il introduisit dans le langage cinématographique. « Le récit de Vercors était anti-cinématographique. Il n'y a pas de dialogues : il y a un personnage qui parle et deux autres qui écoutent. J'ai pensé en faire un film anti-cinématographique », déclare Melville. Ajoutons qu'il y a aussi la voix off de l'oncle qui évoque ces événements et décrit des actions et des gestes que l'image réitère. On voit à quel point le « système » bressonien est redevable à ce film de Melville, et on ne peut que lui appliquer ce qu'André Bazin disait si justement du Journal d'un curé de campagne : « Les moments les plus émouvants du film sont ceux où le texte est censé dire exactement la même chose que l'image, parce qu'il le dit d'une autre façon. Jamais le son n'est ici pour compléter l'événement vu : il le renforce et le multiplie comme la caisse de résonance du violon les vibrations des cordes. Encore que ce n'est pas tant une résonance que l'esprit perçoit qu'un décalage comme celui d'une couleur non superposée au dessin. C'est dans la frange que l'événement libère sa signification ».

Cet article est extrait de l'ouvrage ci-dessous:
Dictionnaire mondial des films Dictionnaire mondial des films Voir sa fiche
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