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le Septième Sceau

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le Septième Sceau
Det Sjunde Inseglet

Drame médiéval d'Ingmar Bergman, avec Max von Sydow (le chevalier Blok), Gunnar Björnstrand (l'écuyer Jöns), Nils Poppe (Jof), Bibi Andersson (Mia), Bengt Ekerot (le joueur d'échecs), Ake Fridell (le forgeron), Inga Gill (Lisa), Erik Strandmark (Skat), Bertil Anderberg (Raval), Gunnel Lindblom (Flickan).

Scénario : Ingmar Bergman
Photographie : Gunnar Fischer
Décor : P.A. Lundgren
Musique : Erik Nordgren
Montage : Lennart Wallen
Production : Svensk Filmindustri
Pays : Suède
Date de sortie : 1956
Technique : noir et blanc
Durée : 1 h 30

Résumé

Le chevalier Blok et son écuyer Jöns reviennent des croisades, désenchantés. Ils parcourent un paysage sinistre dans un pays d'Europe indéterminé. La peste fait des ravages. Les chrétiens se posent des questions. Certains organisent des cérémonies de flagellation pour expier le péché du monde. Des filles sont brûlées comme sorcières. Des moines défroquent. Au sein de ce chaos moral et spirituel, le chevalier avance à tâtons, saisi du fameux doute existentiel. Son écuyer est plus cynique. Il ne croit plus en rien de « céleste ». Au cours de son voyage, le chevalier rencontre un personnage inquiétant et redoutable : c'est la Mort. Elle attend Blok. Il cherche à différer le moment fatal en proposant une partie d'échecs à cet interlocuteur qui revêt plusieurs identités et qui sait qu'il va gagner. Au cœur de la misère et du désespoir, une clairière : un groupe de forains qui ont gardé la candeur et la faculté d'émerveillement de l'enfance. C'est Jof, sa femme Mia et leur bébé. Ils représentent l'espérance. Mais, quand le chevalier retrouve son château, c'est pour prendre la tête d'une danse macabre.

Commentaire

Questions sans réponse

Ingmar Bergman a écrit et réalisé ce film magistral au sommet de son inspiration et de sa gloire. C'est d'abord une suite de tableaux de genre, d'une beauté phénoménale et l'une des rares représentations médiévales qui soient crédibles au cinéma. Aucun des comédiens ne semble grimé ou « costumé ». Mais la force du film vient surtout de l'expression d'une quête métaphysique essentielle. Bergman interroge, par personnages interposés, Dieu, les hommes, la société. Il ne philosophe pas pour autant. Il questionne avec ses moyens d'artiste. On sent très fortement la nostalgie du Paradis perdu (le couple « ravi » et l'enfant, épargnés, se présentent comme une parabole de la Sainte Famille). Mais on sent plus violemment encore l'inéluctabilité de la Mort et l'angoisse de l'au-delà. Bergman passe en revue (et un peu en désordre) toutes les positions des humains par rapport aux grands mystères : son chevalier errant assume la quête de l'humanité. Il interroge sans relâche : il cherche dans le regard d'une sorcière qui va monter sur le bûcher le secret de ses rapports avec l'invisible. En vain. La Mort elle-même, interrogée, ne sait rien. Dans ce film inépuisable, le cinéaste met en scène le doute ; en deçà : l'incroyance (représentée par l'écuyer), au-delà : la foi du charbonnier, c'est-à-dire celle des bateleurs bloqués dans l'état d'innocence. Ce film n'en finit pas d'agacer – dans le bon sens – l'intelligence et la sensibilité.

Cet article est extrait de l'ouvrage ci-dessous:
Dictionnaire mondial des films Dictionnaire mondial des films Voir sa fiche
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