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la Ruée vers l'or

The Gold Rush

Comédie de Charlie Chaplin, avec Charlie Chaplin (le prospecteur), Georgia Hale (Georgia), Mack Swain (« Big Jim » McKay), Tom Murray (Black Larsen), Malcolm Waite (Jack Cameron), Henry Bergman, Betty Morrissey.

  • Scénario : Charlie Chaplin
  • Photographie : Rollie Totheroh
  • Décor : Charles D. Hall
  • Musique : Ch. Chaplin (pour la version sonorisée)
  • Commentaire : Ch. Chaplin (pour la version sonorisée)
  • Montage : Mc Gham
  • Production : United Artists
  • Pays : États-Unis
  • Date de sortie : 1925
  • Son : noir et blanc
  • Durée : 2 150 m (environ 1 h 15)

Résumé

En Alaska, à la fin du xixe siècle, c'est la ruée vers l'or. Charlot est devenu prospecteur. Mais les conditions de vie sont terribles : le froid, la neige… et la loi du plus fort. C'est ainsi qu'il est confronté au terrible bandit Larsen dans la cabane duquel il s'est réfugié. Arrive heureusement un brave géant, McKay, qui l'aide à s'en tirer. Mais les voici isolés et mourant de faim : la bougie, les chaussures, tout leur est bon… Finalement, Charlot abat un ours et sauve ainsi sa vie car « Big Jim » était tout prêt à… le manger. De retour en ville, Charlot tombe amoureux d'une entraîneuse, Georgia, qui n'a d'yeux que pour le beau Jack. Il croit néanmoins qu'elle viendra réveillonner avec lui, mais il termine l'année tout seul, pendant que tous font la fête au saloon. Et puis, Big Jim est de retour et il a besoin de Charlot pour retrouver sa mine d'or. Les voici tous les deux riches. Sur le bateau, Charlot retrouve Georgia. Tout est bien qui finit bien…

Commentaire

Bien plus qu'une comédie

L'un des films les plus célèbres du monde, résultat d'un an et demi de travail (on est loin des courts métrages de 1915), énorme succès financier, la Ruée vers l'or est assurément un chef-d'œuvre, même si l'on peut regretter les violons et le ton emphatique du commentaire de la version sonorisée.

Tout le monde a en mémoire les principaux gags du film, qui fourmille d'effets comiques. Les uns relèvent du mime et perpétuent l'image du Charlot vagabond, en particulier dans les scènes du saloon, où ils disent sa maladresse face à son rival ; mais le mime prend une dimension exceptionnelle quand il se transforme aux yeux d'un Big Jim rendu fou par la faim en poulet appétissant. D'autres renvoient à de précédentes réussites, ainsi le tangage de la cabane en équilibre sur le rocher, d'un comique aussi efficace que le repas de l'Émigrant sur le bateau. Et puis, il y a des inventions fabuleuses : Charlot dégustant comme un vrai plat une semelle, des lacets enroulés comme des spaghettis et les clous qu'il termine comme des os de poulet ; la danse des petits pains, moment de pure poésie dans ce réveillon rêvé, qu'il anime avec une virtuosité absolue au bout de deux fourchettes.

Mais, si drôle que soit le film, le terme de « comédie » ne lui convient pas vraiment et toutes les œuvres de Chaplin portent désormais un tout autre message. Bien des scènes reposent essentiellement sur l'émotion, par l'expression de sentiments fort éloignés du comique, et si une pichenette du « hasard » ne venait tout changer, les conflits s'achèveraient dramatiquement, qu'il s'agisse des luttes pour la vie en situation extrême (misère, famine, recherche de l'or) ou de la relation amoureuse, définitivement au centre de l'œuvre. Il n'est qu'à voir la mise en scène du personnage, longuement changé en statue quand il découvre son inexistence aux yeux de Georgia, et même le choix des cadrages, si souvent en plan très rapproché sur le visage et le regard, poignant, de celui qui n'est plus Charlot, mais un simple homme en proie aux sentiments universels. Derrière le rire, il y a la gravité, comme il y aura toujours, même si c'est pour une photo, le vagabond derrière le milliardaire.