Orange mécanique

A Clockwork Orange

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des films ».

Film de science-fiction satirique de Stanley Kubrick, avec Malcolm McDowell (Alex), Patrick Magee (Alexander), Michael Blates (le gardien), Warren Clark (Dim).

  • Scénario : Stanley Kubrick, d'après le roman d'Anthony Burgess
  • Photographie : John Alcott
  • Décor : John J. Barry
  • Musique : Beethoven, Purcell, Walter Carlos (arrangements)
  • Montage : Bill Butler
  • Pays : Grande-Bretagne
  • Date de sortie : 1971
  • Son : couleurs
  • Durée : 2 h 16

Résumé

Alex et ses « droogs » terrorisent la population : agressions, viols et vols se succèdent. Après un meurtre « accidentel », Alex est incarcéré. Il sert de cobaye pour la méthode Ludovico qui combat la violence de chacun en la retournant contre elle-même. Il sort de prison « guéri » mais devient la proie de ses anciennes victimes. Il tente de se suicider, se rate et redevient celui qu'il était. Mais sa violence sera cette fois-ci « au service » de l'État.

Commentaire

Un film brillant au style composite, où alternent, dans une construction symétrique, des scènes spectaculaires d'une violence rendue esthétique par le brio de la mise en scène et des scènes analytiques où cette violence individuelle et instinctive est combattue par une violence à plus grande échelle, sociale et organisée, avant que les deux ne fraternisent dans le meilleur des mondes. Kubrick nous mettait perversement « à côté » d'Alex, nous faisant partager ses pensées, ses émotions, ses plaisirs, dans un but satirique certes, prêchant le faux pour savoir le vrai, mais avec un résultat troublant : Alex devenait la projection instinctive de nos pulsions tandis qu'intellectuellement nous en étions distants. Sans condamner ni approuver les actes d'Alex, le spectateur se demande : le Mal est-il un principe actif et est-il contagieux ?