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On achève bien les chevaux

They Shoot Horses, Don't They ?

Drame de Sydney Pollack, avec Jane Fonda (Gloria Beatty), Michael Sarrazin (Robert), Susannah York (Alice), Gig Young (Rocky), Red Buttons (« Sailor », le marin), Bruce Dern (James), Michael Conrad (Rollo), Bonnie Bedelia, Allyn Ann McLerie, Robert Fields, Paul Mantee.

  • Scénario : James Poe, Robert E. Thompson, d'après le roman de Horace McCoy
  • Photographie : Philip H. Lathrop
  • Décor : Harry Horner
  • Musique : John Green
  • Montage : Fredric Steinkamp
  • Production : Warner Bros
  • Pays : États-Unis
  • Date de sortie : 1969
  • Son : couleurs
  • Durée : 2 h 09

Résumé

1932. À la suite du krach de 1929, les États-Unis sont en pleine dépression économique. On se presse pour participer à l'un des nombreux « marathons de danse » organisés à travers le pays. Il s'agit de danser durant six jours, avec seulement dix minutes de pause toutes les heures. Les candidats viennent dans le but de remporter les cinq cents dollars de prime, et les spectateurs dans celui d'échapper à leur misère morale en voyant souffrir d'autres gens. Robert est l'un de ces candidats. Il trouve sur place sa partenaire, Gloria, qui vient de « perdre » le sien. Ils sont accueillis par le maître de cérémonie, Rocky, avec les autres concurrents : des habitués, des nouveaux, une jeune fille novice, un vieux marin et bien d'autres. Le marathon commence, interminable. Pour pimenter le spectacle, Rocky lance parfois des « derbys » : les danseurs doivent courir, en se tenant, tout autour de la piste ; le dernier couple est éliminé. Le marin meurt d'épuisement, la jeune fille devient à moitié folle. Gloria rompt avec Robert, se donne à Rocky dans l'espoir de le dominer. Puis elle retrouve Robert. Elle découvre finalement que Rocky l'a abusée. Brisée, elle demande à Robert de l'achever…

Commentaire

Une cruelle parabole

Ce film cruel et désespéré apporte un double témoignage : d'une part, sur les fameux marathons de danse, véritables jeux du cirque des années 1930 (encore pratiqués récemment en Pologne…), symptôme et symbole de la dépression économique et morale dans laquelle était plongée l'Amérique ; d'autre part, sur la crise morale de ce même pays à la fin des années 1960, ère de toutes les contestations, de toutes les remises en cause. Car, bien sûr, l'œuvre de Pollack se voulait avant tout parabole. Sans doute est-ce cet aspect qui, vingt ans plus tard, peut sembler le plus daté, voire manqué. En effet, cette critique de l'usine à rêves (les marathons, Hollywood) est tout de même réalisée dans la grande tradition hollywoodienne, cela même qui fait aujourd'hui d'On achève bien les chevaux un classique : qualité de l'adaptation, de l'interprétation (l'Oscar du meilleur acteur de second rôle pour Gig Young, et Red Buttons splendide) et de la réalisation.

Il convient également de noter, rompant avec la linéarité du récit en lieu clos, l'emploi très particulier du flash-back, et surtout du « flash-forward », procédé peu fréquent que l'on retrouve (est-ce un hasard ?) dans Easy Rider, autre film ayant reflété et marqué son époque.