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Okraïna Okraïna ou Faubourg

Okraïna

Comédie de Boris Barnet, avec Serguei Komarov (Grechine), Ielena Kouzmina (Manka), Robert Erdman (Robert Karlovitch), Alexandre Tchistiakov (Kadkine), Nikolai Bogolioubov (Nikolai), Nikolai Krioutchkov (Senka), Hans Klering (Müller).

  • Scénario : Konstantin Finn et Boris Barnet
  • Photographie : Mikhaïl Kirillov, A. Spiridonov
  • Décor : Serguei Kozlovski
  • Musique : Serguei Vassilenko
  • Production : Mejrabpomfilm
  • Pays : U.R.S.S.
  • Date de sortie : 1933
  • Son : noir et blanc
  • Durée : 1 h 38

Résumé

La nouvelle de la déclaration de la guerre de 1914 secoue la torpeur d'un faubourg perdu de la Russie tsariste. Certains, comme Grechine, propriétaire d'un atelier de bottes, font du zèle dans les sentiments patriotiques, mais les femmes voient partir leurs hommes avec inquiétude. Les deux fils du cordonnier Kadkine sont envoyés au front. Nikolai, l'aîné, a des idées révolutionnaires et son frère, Senka, découvre l'horrible réalité des tranchées. Pendant ce temps, on envoie dans la petite ville quelques soldats allemands prisonniers, dont le jeune Müller, cordonnier lui aussi. Entre Manka, fille de Grechine, et le jeune Allemand une idylle naît. Sur le front, les mots d'ordre bolcheviques pénètrent dans les rangs et les soldats commencent à fraterniser. Avant d'être blessé, Nikolai est le premier à sortir des tranchées avec un drapeau blanc. Irrésistible, le mouvement révolutionnaire arrive jusqu'à la petite ville où l'on voit le père Kadkine défiler avec le jeune Müller, son ex-« ennemi » allemand qui est, en fait, son frère de classe.

Commentaire

Quand la subtilité l'emporte sur le manichéisme

Okraïna est le film le plus célèbre de Boris Barnet, lequel apparaît de plus en plus, avec le recul, comme un grand cinéaste. Lorsqu'il réalise ce film, il a trente et un ans. Élève de Koulechov, acteur à ses heures, il gagne souvent sa vie dans des exhibitions de boxe. Quelques films (la Jeune Fille au carton à chapeau, la Maison de la place Troubnaïa) ont déjà établi sa réputation de cinéaste sensible et ironique, capable de loger des sentiments subtils derrière sa bonne humeur.

Okraïna est l'un des meilleurs films consacrés à la vie quotidienne en Russie avant la révolution de 1917. Barnet procède par notations elliptiques, avec un sens de l'implicite et une grande précision dans des effets comiques qui évoquent encore le burlesque. On a pu parler de Tchekhov à propos de ce film où le goût des personnages pour le bonheur l'emporte sur le manichéisme du « typage ». C'est sans doute la raison pour laquelle, moins idéologue et moins théoricien que les grands noms du cinéma soviétique, Barnet a paru un cinéaste mineur et est souvent oublié. Mais si l'on en juge par l'affection que lui portent aujourd'hui les jeunes générations du cinéma soviétique, on peut dire que cette situation change.

En Union soviétique, où le cinéma muet continua encore quelques années, Okraïna est l'un des premiers films parlants. Le travail sur le son, dû à L. Obolenski et à L. Ozornov, y est tout à fait remarquable. Barnet semble y inventer spontanément la « perspective sonore » et une façon d'emblée très originale d'inclure le monde du son et de ses déplacements dans celui de l'image.