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Nous nous sommes tant aimés

C'eravamo tanto amati

Comédie historique d'Ettore Scola, avec Nino Manfredi (Antonio), Vittorio Gassman (Gianni), Stefania Sandrelli (Luciana), Stefano Satta Flores (Nicola), Giovanna Ralli (Elide), Aldo Fabrizi (Catenacci), Marcella Michelangeli (Gabriella), et dans leur propre rôle : Federico Fellini, Marcello Mastroianni, Vittorio De Sica.

  • Scénario : Age et Scarpelli, Ettore Scola
  • Photographie : Claudio Cirillo
  • Décor : Luciano Ricceri
  • Musique : Armando Trovajoli
  • Montage : Raimondo Crociani
  • Production : Dean Film
  • Pays : Italie
  • Date de sortie : 1974
  • Son : NB, puis Couleurs
  • Durée : 1 h 55
  • Prix : Grand Prix, Chamrousse 1976

Résumé

Dans l'euphorie de la Libération, Antonio, Gianni et Nicola, qui ont combattu ensemble dans la Résistance, fêtent la chute du fascisme et l'avènement de la République, pleins d'espoir et d'illusions. La vie les sépare : Nicola est enseignant dans une obscure province, Gianni avocat à Milan en quête de clients, Antonio brancardier dans un hôpital romain. Les années passent et nos amis se retrouvent dans la capitale. Gianni devient le fondé de pouvoir d'un promoteur immobilier véreux dont, pour ce faire, il a épousé la fille. Nicola, cinéphile enragé, abandonne sa famille pour devenir journaliste à Rome. Il y retrouve Antonio qui n'a pas changé : militant syndical, il affiche ses opinions, et toute promotion lui est refusée. Antonio est amoureux de Luciana, qui rêve de faire du cinéma et s'éprend successivement de Gianni et de Nicola. Régulièrement, les trois amis se retrouvent, mais le cœur n'y est plus. Antonio et Luciana finissent par se marier. Nicola est enfin critique de cinéma, mais subit de nombreuses rebuffades. Gianni est riche et s'ennuie dans sa belle villa avec piscine. Elles sont bien loin, les grandes illusions de la Libération : « On croyait changer le monde, et c'est le monde qui nous a changés… »

Commentaire

Entre le sourire et les larmes

Les histoires d'amour et d'amitié à travers le temps qui passe et les illusions perdues dans son sillage, voilà une matière en or pour Ettore Scola. Désormais aguerri dans le genre de la comédie aigre-douce, il peaufine, en collaboration avec le tandem Age et Scarpelli, un scénario émouvant et fort, tressant les destins de trois personnages « symboliques » qui composent, insensiblement, un tableau de l'Italie contemporaine et de son évolution de la fin de la guerre au milieu des années 1970. Très pertinemment, la couleur du temps est livrée par une suite de références et de citations du cinéma italien et de l'air qu'on y respire, du néoréalisme auquel le film constitue une sorte d'hommage à peine voilé – il est dédié à De Sica, qui y fait une apparition – à la grande saison de La Dolce Vita et de l'aliénation selon Antonioni.

Apogée d'une « comédie italienne » qui connut son heure de gloire dans les années 1960 et sa consécration culturelle (et surtout publicitaire) dans les années 1970, le onzième film de Scola reçut un accueil public et critique unanime. Sans doute parce qu'il est la conjonction de tout ce qu'il y eut de meilleur dans le « genre » : l'esquisse d'une comédie humaine dont les caractères universels se fondent dans une réalité sociale et politique décrite avec acuité, l'utilisation de vedettes au mieux de leur talent, un dosage subtil et efficace de la gravité et de l'humour, du sourire et des larmes de la nostalgie. Avec, en prime pour les cinéphiles, ce coup d'œil en arrière sur les meilleures pages du cinéma d'après-guerre. La lucidité du constat qui sanctionne l'échec d'une génération est, certes, d'une ironie cruelle, mais tempérée par une tendresse désarmante.