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Nosferatu le Vampire

Nosferatu, Eine Symphonie des Grauens

Film fantastique de F. W. Murnau, avec Max Schreck (comte Orlock, Nosferatu), Alexander Granach (Knock), Gustav von Wangenheim (Thomas Hutter), Greta Schroeder (Ellen).

  • Scénario : Henrik Galeen, d'après le roman de Bram Stoker Dracula
  • Photographie : Fritz Arno Wagner, G. Krampf
  • Décor : Albin Grau
  • Musique : Hans Erdmann, P. Schirmann
  • Production : Prana Film-GmbH
  • Pays : Allemagne
  • Date de sortie : 1922
  • Son : noir et blanc
  • Durée : 1 967 m (environ 1 h 12)

Résumé

Vers 1830, un jeune agent immobilier, Thomas Hutter, quitte sa jeune femme Ellen pour le château de Nosferatu dans les Carpates. Là-bas, il est victime des morsures répétées du monstre. Celui-ci quitte son château dans un cercueil rempli de terre et, après un voyage en voilier au cours duquel il décime l'équipage terrorisé, va prendre livraison de sa nouvelle demeure, située face à celle de Hutter et Ellen. Celle-ci se sacrifiera pour permettre la survie de son bien-aimé et provoquer la disparition du vampire, surpris par les premiers rayons de l'aube.

Commentaire

Le regard romantique de la terreur

Ce film célèbre de F.W. Murnau est d'abord une adaptation illégale du roman de Bram Stoker, Dracula, d'où le changement de titre de l'œuvre.

Le scénariste Henrik Galeen s'empare de ce roman gothique pour offrir au cinéaste son premier succès international, et au mouvement qualifié d'« expressionniste » une « symphonie de l'horreur », principalement fondée sur une exploitation fantastique des décors naturels. En effet, Murnau et son opérateur F.A. Wagner engendrent l'effroi chez le spectateur en filmant des forêts désertiques, des chevaux frémissant nerveusement dans des prairies montagneuses à l'écoute du cri d'une hyène, des voiles de navires cinglant vers le large.

Le regard de la terreur domine l'ensemble du récit et intervient dès la première plongée du film sur un beffroi gothique pour s'exprimer ensuite à travers les fermetures à l'iris et les caches circulaires qui recadrent les images pour y inscrire la malédiction vampirique ; il ne disparaît qu'à la dernière image lorsque les rayons lumineux ont dissipé les ombres de la mort sur les ruines du château du monstre. Ce sont les éléments naturels qui sont les messagers de la mort, ainsi le vent qui agite les bosquets en fleurs dès les premières images et qui gonflera ensuite les voiles du navire convoyant les cercueils et les brumes pestilentielles du vampire jusqu'au port paisible de la petite ville hanséatique.

Nosferatu, c'est aussi un poème de l'amour fou tel que les surréalistes le découvrirent en 1928. Ellen hallucine en plein cauchemar la vampirisation de son bien-aimé par la créature diabolique, alors que Nosferatu reconnaît d'emblée la gorge de la jeune femme sur le médaillon que lui présente Hutter. Dans une extraordinaire alternance d'images, Ellen tend les bras au vampire alors que celui-ci, à mille lieues de là, vient d'assouvir sa soif de sang sur le corps endormi du jeune homme. Plus tard, Ellen, au bord de la mer, attend l'arrivée du monstre tout autant qu'elle espère le retour de Hutter. C'est elle qui fait apparaître sa silhouette fantomatique derrière les fenêtres noires des façades gothiques des greniers à grain avant de s'offrir à son ombre. Il est clair que Nosferatu et Hutter représentent alors les deux faces complémentaires du héros romantique, sa face diurne, morale et asexuée, et sa face nocturne, maléfique et primaire : le désir et la pulsion de mort tels que Freud les définit alors.