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Nanouk l'Esquimau

Nanook of the North

Documentaire de Robert Joseph Flaherty, avec Nanouk et sa famille.

  • Scénario : Robert Joseph Flaherty
  • Photographie : R. Flaherty
  • Montage : R. Flaherty
  • Musique : L. Levy
  • Production : Revillon
  • Pays : États-Unis
  • Date de sortie : 1922
  • Son : noir et blanc
  • Durée : 1 525 m (environ 55 min)

Résumé

Dans le Grand Nord canadien, la vie quotidienne d'une famille d'Esquimaux au fil des saisons. Présentation de Nanouk et des siens en été : arrivée du kayak pagayé par Nanouk et d'où sortent successivement tous les membres de sa famille, sa femme, leurs deux enfants et sa belle-sœur ; vente au comptoir local des fourrures récoltées au cours de l'hiver ; écoute amusée de la musique jouée sur un gramophone (il mordille le disque en riant) ; chasse à l'otarie ; pêche en mer. En hiver : déplacement de la famille en traîneau à chiens, chasse au renard blanc, construction d'un igloo avec une niche pour les chiots, exercice du jeune fils à la chasse aux phoques, installation pour la nuit dans l'igloo. Au cours d'un voyage, la famille est surprise par une tempête de neige et trouve refuge dans un igloo abandonné tandis que les chiens restent dehors, pelotonnés sous le blizzard.

Commentaire

Ethnographie et dramatisation

Flaherty a vécu pendant quinze mois avec cette famille. Saisi très tôt par une vocation d'explorateur à l'instar de son père, chercheur d'or et prospecteur de métaux, il a parcouru la région durant six ans, à partir de 1910 : c'est ainsi qu'il a découvert les Esquimaux et a tourné en 1914 un premier reportage qui sera détruit dans un incendie. En 1919, il reçoit de la maison Revillon Frères, fourreurs parisiens qui gèrent des comptoirs près de la baie d'Hudson, la commande d'un film qui pourrait leur servir de support publicitaire. Abandonnant le point de vue de son premier film, qu'il qualifie lui-même d'entomologique, il fait alors œuvre authentiquement ethnographique en montrant la vie quotidienne des Esquimaux avec une exactitude et une compréhension dénuées de tout « exotisme » : il met en scène avec l'aide de Nanouk les épisodes les plus significatifs de leur vie et de leur activité, mais sa dramatisation de la réalité est strictement conforme à la vérité des faits. Elle montre comment la vie des indigènes est une lutte constante contre le froid et la faim, lutte dont Nanouk devait illustrer tragiquement la dureté en périssant de froid, deux ans plus tard, dans une tempête. Mais cette existence ancestrale, où hommes et animaux sont à la merci des forces de la nature, comporte aussi ses modestes plaisirs et ses moments d'hilarité lorsque Nanouk, par ailleurs le type même du « bon vivant », danse une gigue sur la glace, accroché au filin au bout duquel se débat un phoque pris au piège. Sa vérité documentaire et sa chaleur humaine valurent au film un succès mondial considérable (c'est depuis lors qu'on vend des esquimaux dans les cinémas) et on peut le considérer comme le lointain précurseur du cinéma-vérité.