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Ivan le Terrible

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Ivan le Terrible
Ivan Groznyj

Film historique en deux parties de Serguei Mikhaïlovitch Eisenstein, avec Nikolaï Tcherkassov (Ivan), Loudmila Tchelikovskaïa (Anastasia), Serafima Birman (Euphrosinia), Piotr Kadotchnikov (Vladimir), Mikhaïl Nazvanov (Kourbsky), Andrei Abrikosov (Kolitchev), Mikhaïl Jarov (Skouratov), Amvrosi Boutchma (Basmanov), Vsevolod Poudovkine (Nikola, le fanatique).

Scénario : Serguei Mikhaïlovitch Eisenstein
Photographie : Edouard Tissé (extérieurs), Andrei Moskvine (intérieurs)
Décor : Iossif Chpinel (d'après les croquis de S.M.E.)
Costumes : Lidia Naoumova (d'après les croquis de S.M.E.)
Musique : Serge Prokofiev
Montage : S.M.E., assisté d'Esfir Tobak et L. Indenbom
Production : SOKS (Alma Ata), Mosfilm
Pays : U.R.S.S.
Date de sortie : Sortie en U.R.S.S. en 1958 ([1re partie] 1942-1944 – [2e partie] 1945-1946)
Technique : (1re partie) noir et blanc, (2e partie) couleurs
Durée : 1 h 40 et 1 h 30

Résumé

Ivan IV, grand-duc de Moscovie, se fait couronner tsar malgré l'opposition farouche des nobles, les boyards, et de sa propre tante, Euphrosinia, qui souhaite placer sur le trône son fils Vladimir, un simple d'esprit. Il épouse la princesse Anastasia, que courtise également le prince Kourbsky, et brise un soulèvement populaire fomenté par les boyards. Il mène campagne contre les Tatars de Kazan qui lui ont déclaré la guerre et s'empare de la ville. Il parvient à conserver le pouvoir malgré les menées d'Euphrosinia et la trahison de Kourbsky, mais Anastasia est empoisonnée par Euphrosinia. Basmanov, un forgeron, réunit autour de lui une garde personnelle, les Opritchniki. Découragé, Ivan décide d'abdiquer pour s'assurer de la fidélité du peuple et quitte Moscou : le peuple vient en foule le conjurer de rester au pouvoir.

   À son retour à Moscou, informé que la tsarine a été victime d'Euphrosinia, Ivan fait exécuter trois des principaux boyards tandis que le moine Philippe le somme de se soumettre. Euphrosinia décide de le faire assassiner, mais le tsar déjoue le complot et, grâce à sa ruse, c'est Vladimir qui est poignardé. Définitivement assuré sur son trône, Ivan proclame la nécessité d'un pouvoir fort pour vaincre les ennemis de la patrie.

Commentaire

Un grandiose film-opéra

Tourné à Alma-Ata (Asie centrale), le film devait comporter une troisième partie qui ne fut pas réalisée et dont il ne subsiste que les vingt dernières minutes (en couleurs) de la deuxième partie, laquelle fut interdite par la censure jusqu'en 1958. Il est clair que Staline s'était senti visé par cette hagiographie ambiguë où l'on peut voir aussi bien une condamnation de la dictature qu'une apologie du pouvoir légitime : « Ma force est la confiance du peuple », dit Ivan. Ce grandiose film-opéra conjugue les prestiges plastiques de la peinture et les vertus dramatiques du théâtre, chaque plan étant conçu comme un tableau, au sens où l'on parle de tableaux au théâtre, dans un constant souci de composition dynamique. Dominée par la puissante interprétation de Tcherkassov, cette œuvre à la fois hiératique et convulsive rejoint « le bruit et la fureur » des tragédies shakespeariennes. Le caractère expressionniste du style visuel atteint son apogée dans les séquences en couleurs conçues dans une perspective psychologique et non réaliste.

Cet article est extrait de l'ouvrage ci-dessous:
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