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Il était une fois dans l'Ouest

C'era una volta il West

Western de Sergio Leone, avec Henry Fonda (Frank), Charles Bronson (Harmonica), Jason Robards Jr. (Cheyenne), Claudia Cardinale (Jill), Gabriele Ferzetti (Morton), Jack Elam (Knuckles).

  • Scénario : Sergio Leone, Sergio Donati, d'après une histoire de S. Leone, Dario Argento et Bernardo Bertolucci
  • Photographie : Tonino Delli Colli
  • Musique : Ennio Morricone
  • Montage : Nino Baragli
  • Production : Fulvio Morsella
  • Pays : Italie
  • Date de sortie : 1968
  • Son : couleurs
  • Durée : 2 h 50 (version intégrale)

Résumé

Un quai de gare désert, quelque part dans le Grand Ouest. Trois hommes, vêtus de longs manteaux cache-poussière et coiffés de chapeaux à larges bords, attendent un voyageur pour l'abattre, mais celui-ci sera le plus rapide. Son nom de guerre est Harmonica. Flanqué d'un détenu en cavale, Cheyenne, il se lance sur la piste de Frank, un tueur à gages qui a autrefois fait pendre son frère sous ses yeux. Frank est pour l'heure à la solde d'un exploitant véreux, Morton, prêt à tout pour élargir son domaine. Une jolie veuve, Jill, constitue une proie facile. D'une hécatombe à l'autre, Harmonica et Frank se livrent une lutte sans merci. Un duel à mort les opposera.

Commentaire

De la parodie à la fresque sociale

Ce film est le prototype d'un genre dédaigné des puristes, mais qui a connu une telle faveur auprès du public des deux continents qu'il a fini par séduire les plus réticents – et influencer en retour le cinéma qu'il parodiait : ce qu'on a appelé, par dérision, le western spaghetti. Né en Italie, il s'appuie sur les clichés du western américain classique, en les pétrifiant et en leur injectant des doses massives de violence et d'érotisme. Très loin des nobles épopées fordiennes, on retrouve ici, acclimatées avec plus ou moins d'habileté, les conventions du roman picaresque, de l'opéra bouffe et de la commedia dell'arte. Orfèvre en la matière, Sergio Leone (1929-1989) s'imposa avec la fameuse trilogie : Pour une poignée de dollars, … et pour quelques dollars de plus, le Bon, la Brute et le Truand (où fut révélé Clint Eastwood).

Avec Il était une fois dans l'Ouest, Leone franchit un pas de plus dans la mise à plat de la mythologie westernienne, mais il s'oriente surtout vers une peinture acide d'un monde en mutation, où l'héroïsme des pionniers est durement confronté aux nouveaux enjeux de l'affairisme industriel (Morton et sa clique). Brodant, de son propre aveu, sur les stéréotypes les plus éculés (putain arriviste, bandit romantique, banquier malhonnête…) et ne lésinant pas sur la démesure baroque ni les surcharges narratives, il parvient à édifier une allégorie sociale non dénuée d'ampleur. La fable est orchestrée – avec éclat – par une musique lancinante d'Ennio Morricone, et bénéficie d'une interprétation – pour moitié américaine – de grand style, sachant tirer parti du contre-emploi (Henry Fonda en tueur sadique). Le tournage se fit en Italie et en Espagne, mais aussi aux États-Unis, à Monument Valley. Le succès commercial fut énorme, ce qui permit à Leone, après le chant du cygne d'Il était une fois la révolution (1970), de mettre en chantier le troisième – et monumental – volet de son cycle sur le Nouveau Monde, Il était une fois en Amérique (1983).