Comédie d'Agnès Jaoui, avec Agnès Jaoui (Manie), Jean-Pierre Bacri (Castella), Anne Alvaro (Clara), Brigitte Catillon (Béatrice), Gérard Lanvin (Moreno), Alain Chabat (Deschamps).
Scénario : Agnès Jaoui, Jean-Pierre Bacri
Photographie : Laurent Dailland
Décor : François Emmanuelli
Costumes : Jackie Stephens Budin
Musique : Jean-Charles Jarrel
Montage : Hervé de Luze
Pays : France
Date de sortie : 1999
Technique : couleurs
Durée : 1 h 52
Prix : César du meilleur film ; César du meilleur scénario original pour Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri
Résumé
Au début on craint le pire, tant les personnages paraissent rudimentaires et stéréotypés ; d'un côté le patron de PME un peu beauf sur les bords, son épouse, avec une cervelle d'oiseau et un amour immodéré pour tous les autres animaux, ses gardes du corps obtus, son polytechnicien androïde, etc. ; de l'autre, une serveuse de bar au grand cœur et les artistes, pauvres, brillants et libres de tout préjugé. On se croit parti pour une énième version de la confrontation des méchants riches contre les gentils artistes, mais, très vite, un premier petit miracle se produit : la qualité de l'interprétation apporte de l'épaisseur à tous ces personnages bien convenus au départ. À mesure que les caractères se précisent, le tableau s'affine, se nuance. On découvre que le beauf a du cœur, que le polytechnicien n'est pas un ordinateur sur pattes, que les gardes du corps ont leurs jardins secrets, alors que les artistes peuvent, à l'occasion, être méprisants ou cyniques. Tout au long du film, ce qui aurait pu n'être qu'une version relookée du Bourgeois gentilhomme (où l'apprentissage de l'anglais aurait remplacé celui de la belle parlure françoise) ne cesse de gagner en densité humaine et en émotion, finissant par devenir un vrai film original, émouvant et drôle.