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Gilda

Gilda

Film policier de Charles Vidor, avec Rita Hayworth (Gilda), Glenn Ford (Johnny Farrell), George Macready (Ballin Mundson), Joseph Calleia (Miguel Obregon), Steven Geray (oncle Pio), Joe Sawyer (Casey), Gerald Mohr (le capitaine Delgado), Robert Scott (Gabe Evans), Ludwig Donath (l'Allemand), Don Douglas (Thomas Langford).

  • Scénario : Marion Parsonnet, d'après une histoire de E.A. Ellington ; adaptation Jo Eisinger
  • Photographie : Rudolph Mate
  • Décor : Stephen Goosson, Van Nest Polglase
  • Musique : Marlin Skiles
  • Chansons : « Put the Blame on Mame » et « Amado mío » d'Allan Roberts et Doris Fisher
  • Montage : Charles Nelson
  • Production : Virginia Van Upp (Columbia)
  • Pays : États-Unis
  • Date de sortie : 1946
  • Son : noir et blanc
  • Durée : 1 h 50

Résumé

Un soir de guigne, dans les bas-fonds de Buenos Aires, le joueur Johnny Farrell tombe aux mains de « pigeons » irascibles, prêts à lui faire un mauvais sort. Sauvé par l'intervention d'un élégant et équivoque propriétaire de casino, Ballin Mundson, il devient son bras droit et son plus fidèle ami. Au retour d'un voyage, Mundson lui présente sa jeune et belle épouse : Gilda une « ex » de Johnny. Décidée à reconquérir ce dernier, Gilda multiplie les avances. Johnny la repousse. La tension monte…

Commentaire

Le filon misogyne

Les cinéphiles de l'immédiat après-guerre ont fait de Gilda un film mythique. C'est à travers leur regard, leur nostalgie qu'il faudrait désormais l'étudier pour y déceler quelque magie, car les ans n'ont guère été charitables à cette modeste « perle noire » sortie des austères studios Columbia.

Fabriqué pour une star de fraîche date, incertaine de son potentiel, Gilda fut à la fois son plus grand succès et la cause ultime de son échec : Rita Hayworth, identifiée pour toujours à ce personnage, ne put le faire oublier dans ses autres créations (la Dame de Shanghai, conçu explicitement dans ce but, fut boudé par le grand public), ni en égaler le rayonnement érotique et la perversité factice.

Venue du cabaret, Rita Hayworth avait fait quelques années plus tôt l'objet d'un remodelage physique complet. Dépouillée de son hispanité, ses premiers films des années 1940 révèlent une jeune femme athlétique, épanouie, saine, dénuée de malice et de sophistication : l'antithèse parfaite de la femme fatale… On conçoit la perplexité de ceux qui durent, le temps d'un film, « casser » cette image. Leur embarras transparaît dans plus d'une scène, obscurcissant à l'envi la personnalité de l'héroïne (vamp ou victime, femme-objet, proie innocente ou mante religieuse ?), ses relations avec Mundson, ses rapports sadomasochistes avec Johnny Farrell. Plus que la misogynie naïve qui impressionna tant certains commentateurs, plus que les références fétichistes et homosexuelles (largement inconscientes) qui le parsèment, nous frappe aujourd'hui cette indécision balourde, aggravée par les réticences instinctives d'une comédienne qui se savait à juste titre incapable de composer.