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Espoir Sierra de Teruel ou Sierra de Teruel

Sierra de Teruel

Drame historique d'André Malraux, assisté de Denis Marion, avec José Sempere (commandant Pena), Andrès Mejuto (capitaine Muñoz), Nicolas Rodriguez (Mercery),José Lado (le paysan), Julio Peña (Attigniès).

  • Scénario : André Malraux, D. Marion, Max Aub, Boris Peskine
  • Photographie : Louis Page, André Thomas, Manuel Berenguer
  • Décor : Vincent Petit
  • Musique : Darius Milhaud
  • Montage : A. Malraux, Georges Grace
  • Production : Edouard Corniglion-Molinier (Regina)
  • Pays : France
  • Date de sortie : 1945
  • Son : noir et blanc
  • Durée : 1 h 18
  • Prix : Prix Louis-Delluc 1945

Résumé

La guerre d'Espagne et quelques faits d'armes des maquisards républicains opposés aux troupes franquistes. Dans l'air et sur terre, les combats font rage. Les patriotes soutiennent les défenseurs de la démocratie avec l'aide d'engagés volontaires venus de l'étranger. Peu à peu, la solidarité s'organise et un front de résistants héroïques se dresse contre la dictature avec un seul mot d'ordre : la liberté ou la mort.

Commentaire

En direct de la guerre

Espoir est le seul film de l'écrivain André Malraux, par ailleurs auteur d'un roman intitulé l'Espoir, consacré au même thème.

Montré clandestinement en 1939, ce pamphlet sobre et lyrique n'est sorti qu'à la Libération, précédé d'un commentaire de Maurice Schumann. Plus que d'une œuvre de pure propagande, il s'agit de l'une des premières tentatives françaises (réussie) de cinéma-vérité. Auteur complet de son film, qu'il a écrit, dialogué, réalisé et même monté, Malraux use des images et des sons de la même manière qu'il se servait des mots dans la Condition humaine. Pour lui, le contexte socio-politique est un personnage à part entière. Il prend soin de décrire la guerre d'Espagne comme un catalyseur de passions vécues non pas par des individus isolés, mais plutôt par une communauté déchirée dans sa chair. En ce sens, il annonce le reportage tel qu'il s'est développé à l'occasion de la Seconde Guerre mondiale à l'instigation de photographes comme Robert Capa, fondateur de l'agence Magnum en 1939. En outre, Malraux évite le piège dans lequel tombent souvent les écrivains cinéastes : les grands discours moralisateurs.

Espoir est une chronique dépouillée qui tend à ressembler le plus possible aux actualités cinématographiques de l'époque, sans en reprendre le ton sentencieux. Les faits sont là et les images se suffisent à elles-mêmes, l'une des qualités primordiales de cette œuvre étant l'habileté avec laquelle les documents pris sur le vif sont intégrés aux scènes de fiction pure. La distribution composée d'inconnus renforce encore cet aspect et confère aux différentes anecdotes une authenticité qui sait ne jamais tricher avec la vérité des sentiments.

Cette osmose est sans doute due à la dérive d'un projet qui ne devait constituer initialement qu'un post-scriptum au roman écrit en 1937. Les deux œuvres n'ont d'ailleurs finalement que très peu de points communs, sinon cette passion de la liberté qui allait conduire l'auteur dans les rangs de la Résistance.