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En quatrième vitesse

Kiss Me Deadly

Film policier de Robert Aldrich, avec Ralph Meeker (Mike Hammer), Albert Dekker (Dr. Solerin), Paul Stewart (Carl Evello), Marian Carr (Friday), Maxene Cooper (Velda), Cloris Leachman (Christina Bailey), Gaby Rodgers (Gabrielle), Jack Lambert (Sugar), Jack Elam (Charlie Max).

  • Scénario : A. I. Bezzerides, d'après le roman de Mickey Spillane
  • Photographie : Ernest Laszlo
  • Décor : Howard Bristol
  • Musique : Frank De Vol
  • Montage : Michael Luciano
  • Production : United Artists
  • Pays : États-Unis
  • Date de sortie : 1955
  • Son : noir et blanc
  • Durée : 1 h 25

Résumé

Le détective privé Mike Hammer croit enquêter sur la disparition d'une femme, alors que c'est la maîtrise de l'atome qui est en jeu.

Commentaire

La quête du vrai

Là où Mickey Spillane écrivait : « La fille apparut brusquement dans le champ lumineux de mes phares, agitant ses deux bras comme une marionnette, et je lâchai une bordée de jurons qui me laissa les oreilles bourdonnantes », Robert Aldrich convoque l'Épouvante, et l'Émerveillement.

Moyennant quoi, En quatrième vitesse – le film – s'ouvre sur le halètement d'une femme, nue sous son imperméable, halètement insupportable et terrifiant. Ici, le cinéma se souvient qu'il est sonore, et que ce qui s'entend compte autant, sinon plus, que ce qui se voit. Godard, qui dédiera À bout de souffle à la Monogram, maison de production dans laquelle Aldrich démarra, ne l'oubliera pas, et, chez lui, comme chez le modèle américain, l'invisible ne sera jamais négligé.

Donc, au point de départ, un thriller, pas mal ficelé, mais pauvre en perspectives, et, à l'arrivée, une pure merveille précise et implacable, tel un instantané radiographique. Les gangsters et le privé ont quitté leurs toges viriles, et du statut d'archétypes usés ils se sont hissés au rang de figures prophétiques.

Au rebours de la plupart des séries noires, mais sans renier leurs qualités véristes, En quatrième vitesse use de la convention pour parler de ce qui occupait Lancelot et ses compagnons : la quête du vrai, et, mine de rien, du perpétuel. Reste que sans authenticité dans la manière de saisir au vol le banal et le fréquent, sans précision dans la description du milieu, le film tournerait vite au ridicule. Le supplément d'âme n'est possible que par une attention de tous les instants à la vie qui passe, sinon gare au pathos.

Dans En quatrième vitesse, il y a des répondeurs téléphoniques, aussi angoissants que les trucages de Cocteau, et des bolides automobiles qui font « va, va, voum », plus emblématiques encore de la vanité humaine que les mannequins de Bergman. Et il y a aussi des visages tuméfiés, des femmes maltraitées, des morts en suspens, en somme les preuves patentes que, contre la décadence, contre la déchéance, le lyrisme seul protège.

Qu'importe alors que le film se clôture sur une explosion atomique, puisque la conscience s'entête à résister.