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Deliverance

Drame de John Boorman, avec Jon Voight (Ed Gentry), Burt Reynolds (Lewis Medlock), Ned Beatty (Bobby), Ronny Cox (Drew Ballinger).

  • Scénario : James Dickey, d'après son roman
  • Photographie : Vilmos Zsigmond
  • Musique : Eric Weissberg, Steve Mandel
  • Montage : Tom Priesley
  • Production : J. Boorman (Warner Bros)
  • Pays : États-Unis
  • Date de sortie : 1972
  • Son : couleurs
  • Durée : 1 h 49

Résumé

Quatre citadins américains, appartenant à la classe moyenne, décident de descendre en canoë une rivière vouée à disparaître par suite de la construction d'un barrage. L'excursion se déroule dans une région montagneuse, peuplée de forestiers vivant à l'écart de la civilisation. Très vite, la promenade s'avère plus difficile que prévu : tourbillons et rapides rendent le cours de la rivière très dangereux, les canoës font plusieurs fois naufrage et les habitants de la berge qui paraissaient pacifiques se révèlent si agressifs que les quatre compagnons sont contraints pour se défendre et se tirer d'une situation avilissante d'en arriver au meurtre. La balade se transforme en cauchemar ; il ne s'agit plus d'un plaisir, mais d'une opération de survie contre la nature et contre ses habitants. Après avoir perdu l'un de ses membres, l'équipe parvient péniblement à rejoindre son point de départ, épuisée mais surtout ébranlée moralement par cette terrible expérience.

Commentaire

Grammaire de la terreur

Le film est saisissant par sa réalisation technique : trucages permettant de montrer les flots de la rivière écumants emportant à toute vitesse les deux canoës, prises de vues magistrales de la falaise abrupte cachant la forêt mystérieuse et surplombant les bouillonnements de l'eau. Le contraste entre la fragilité des esquifs et la violence des flots maintient le spectateur constamment en haleine. À tout instant se produit un incident qui met en jeu la vie des participants. Mais au danger physique encouru se surajoute le danger plus terrifiant venant des montagnards. Leur bestialité donne lieu à un des grands moments du film, une scène d'agression presque insoutenable que beaucoup de spectateurs ressentiront avec un certain malaise. Le film constitue une démythification de l'idéologie écologique des années 1970 : la nature n'est pas bonne et idyllique, elle est cruelle, violente et inhospitalière ; les hommes qui y vivent ne sont pas de doux pacifistes, mais de véritables brutes et les « civilisés » sont contraints de revenir eux-mêmes à des comportements violents pour défendre leur vie. Il en résulte un ébranlement moral, car les protagonistes sont bien obligés de reconnaître que la civilisation, les lois, ont du bon. Mais le souvenir de cette plongée dans le monde naturel, le remords du crime commis et la découverte de la bestialité humaine les marqueront à jamais.