Dans un bidonville romain, vit une famille d'une vingtaine de personnes autour de son « patriarche », Giacinto. Ce dernier, tyrannique, lubrique et ivrogne, se préoccupe surtout de protéger de la cupidité des siens son magot d'un million de lires obtenu pour la perte d'un œil. Ayant survécu à une platée de spaghettis empoisonnés, il se venge en incendiant la baraque puis en la vendant à une famille nombreuse arrivée de Calabre.
Ce qui devait être un film-enquête marqué par l'influence de Pasolini (un rôle est confié à Ettore Garofalo, interprète principal de Mamma Roma, Pasolini, 1962) est devenu une comédie grotesque d'une grande efficacité. Ici, pas de séparation entre bons et méchants. Tout le monde est mauvais et seule la société peut en être responsable. Excellente interprétation, où cohabitent une vedette, Manfredi, des acteurs de théâtre, des non-professionnels. La comédie italienne n'était jamais allée aussi loin dans la noirceur : un point de non-retour était sans doute atteint, à partir duquel le genre entra dans une lente décadence.