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représentation

(latin repraesentatrio)

Action de représenter quelqu'un, une collectivité ; la ou les personnes qui en sont chargées.

SCIENCES POLITIQUES

1. Introduction

La « représentation théâtrale », la « représentation diplomatique », la « démocratie représentative », les « représentations du monde »… le terme « représentation » relève de domaines distincts : l’art, la diplomatie, la politique, la psychologie. Ces différentes occurrences reposent toutefois sur un sens commun : la représentation rend présent ce qui est absent. Elle repose sur une logique de substitution symbolique : ce qui représente agit en lieu et place de ce qu’il représente. La personne qui représente s’efface devant la fonction : l’acteur représente le personnage, le diplomate représente le pays. La représentation suppose que le signe évoque ce qu’il signifie et, en même temps, indique clairement qu’il n’est pas ce qu’il signifie. Cette double condition permet d’éviter l’imitation, qui se fait passer pour ce qu’elle imite. Si, en effet, le représentant s’emploie à faire oublier qu’il n’est que représentant, il y a usurpation.

La représentation est donc une médiation : elle donne une présence à ce qui ne peut être présent. Elle vient au secours d’une impuissance, mais elle n’abolit pas ce qu’elle sert. La notion de représentation joue un rôle capital dans le système démocratique tel que les démocraties occidentales l’ont adopté. Elle fait l’objet de remises en cause et de critiques, mais elle garde toute son actualité.

2. Démocratie représentative, démocratie directe

La démocratie peut être comprise comme le pouvoir du peuple par le peuple et pour le peuple. Elle découle de l’affirmation de la souveraineté du peuple. On appelle « souveraineté » la source ultime du pouvoir.

La monarchie de droit divin se fondait sur le principe selon lequel Dieu créateur était la source de tout pouvoir. La démocratie moderne considère, en revanche, que l’individu est libre et seul détenteur du pouvoir de se gouverner ; constitué en peuple, il garde cette puissance inaliénable : la souveraineté du peuple est l’expression de la souveraineté de chacun.

Jean-Jacques Rousseau explique, dans Du contrat social (1762), que la souveraineté ne peut se partager puisque la volonté ne peut pas déléguer. Il plaide ainsi en faveur d’une démocratie directe, non représentative.

En revanche, Montesquieu, dans De l’esprit des lois (1748), et, à sa suite, Benjamin Constant, dans De la liberté des anciens comparée à celle des modernes (discours de 1819), dissocient pouvoir du peuple, pour le peuple, et pouvoir par le peuple. Dans les États de grande taille, il est possible de prévoir un système dans lequel le pouvoir n’est pas exercé directement par le peuple. Cela n’exclut pas que le peuple soit la source et le but du pouvoir. Le pouvoir est alors exercé en son nom. Les représentants agissent en lieu et place du peuple ; ils agissent comme celui-ci agirait lui-même s’il pouvait se rendre présent. Les représentants sont donc responsables de l’exercice de leur pouvoir devant le peuple, qui est la source de ce pouvoir. Ainsi, selon l’article 3 de la Constitution de la Ve République, la souveraineté appartient au peuple, qui l’exerce par ses représentants (à l’Assemblée nationale et au Sénat) et par la voie du référendum.

3. Crise de la représentation ?

L’élection présidentielle de 2007, en France, a été marquée par un taux d’abstention exceptionnellement bas. Néanmoins, l’abstentionnisme est un phénomène récurrent, qui ne concerne pas seulement la représentation politique, mais aussi les représentations syndicales et professionnelles. Ce refus de participer aux élections témoigne d’une crise profonde de la démocratie représentative. Il est possible d’y voir l’effet pervers de l’individualisme qu’Alexis de Tocqueville stigmatisait dans De la démocratie en Amérique (1835-1840) : l’attachement à la sphère privée induit un désintérêt pour la sphère publique.

Par ailleurs, la multiplication des sondages est de nature à mettre en cause la logique de la représentation. L’idée se répand que les sondages tiennent lieu de représentation, rendant inutile le vieux système représentatif. La différence entre le sondage et la représentation institutionnelle est pourtant essentielle. Il ne s’agit pas seulement d’une différence d’échelle. La représentation n’est pas une « photo » de l’opinion à un moment donné ; elle est le mode d’exercice du pouvoir propre à la souveraineté du peuple.

4. Refonte de la représentation

4.1. Démocratie de proximité

Pour permettre aux citoyens d’être davantage partie prenante à l’exercice du pouvoir s’est développée la notion de démocratie de proximité.

Le droit du citoyen à l'information

La loi du 17 juillet 1978 concernant l’amélioration des relations entre l’administration et le public a créé la Commission d’accès aux documents administratifs (CADA), qui permet le libre accès à l’information. La Commission nationale du débat public (CNDP), créée en 1995 et érigée en autorité administrative indépendante en 2002, a pour mission de veiller à la participation et à l’information du public, lorsque des projets d’aménagement ou d’équipement ayant un fort impact sur l’environnement sont en cours.

Le renforcement de la décentralisation

La loi du 27 février 2002, relative à la démocratie de proximité, et la révision constitutionnelle du 28 mars 2003, portant sur l’organisation décentralisée de la République, vont dans le même sens.

Les notions de démocratie de proximité et de démocratie participative s’apparentent à l’idée de démocratie directe. Certains peuvent y voir une mise en cause de la démocratie représentative.

Au-delà de ce débat, il reste que la représentation est toujours d’actualité, ne serait-ce qu’au plan européen. Ainsi, les Représentations permanentes (RP) des États membres sont des missions diplomatiques auprès de l’Union européenne, chargées de défendre les intérêts de leur État au sein même des institutions de l’Union.

Pour en savoir plus, voir l'article décentralisation.