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peinture de genre

Georges de La Tour, le Tricheur à l'as de carreau
Georges de La Tour, le Tricheur à l'as de carreau

Catégorie picturale comprenant les scènes de caractère anecdotique, familier, intime ou populaire. (Synonyme : scène de mœurs.)

La notion de « peinture de genre » s'est élaborée tardivement, et de façon arbitraire, à partir d'un état de fait : le développement, amorcé dès le xvie s., d'une peinture rejetant les « grands » thèmes historiques ou religieux, les allégories savantes, les commémorations grandiloquentes d'un événement précis. Mais c'est seulement au xixe s. que le terme a pris son sens actuel. Bosch et Bruegel l'Ancien sont les grands précurseurs de la peinture de genre, qui s'épanouit au xviie s.

Le xviie s.

L'Italie

Le besoin de réagir au maniérisme détermine une adhésion quasi unanime au caravagisme. Cette révolution constitue une étape essentielle dans l'histoire de la peinture de genre, qui, pour la première fois, acquiert, du nord au sud de l'Europe, certains caractères généraux en ce qui concerne la technique, la mise en page, le choix des sujets et des ambiances lumineuses. Car à Rome, dès le début du xviie s. et jusqu'en 1630, se côtoient peintres flamands, hollandais et français (tels Valentin et G. de La Tour probablement).

La France

Revenus chez eux, les peintres français élaborent un registre personnel, forment une nouvelle génération d'artistes, bientôt soumis à leur tour à d'autres influences. C'est ainsi que les peintres flamands établis à Paris près de Saint-Germain-des-Prés marquent la manière d'un A. Le Nain, tandis que son frère Louis donne ses lettres de noblesse aux sujets de genre paysans (la Forge ou Maréchal dans sa forge, Paris, Louvre).

La Flandre

Le xviie s., en Flandre, est tout entier dominé par Rubens. Si ce dernier intervient dans l'évolution de la peinture de genre, ce n'est pas par sa Kermesse ou sa Ronde de paysans, mais par la puissance éclatante de son œuvre. Brouwer, qui peint d'abord des scènes paysannes, ajoute ensuite les subtilités poétiques de la lumière que lui suggère l'œuvre de Rubens. 

Jordaens n'est pas allé en Italie, mais il n'ignore pas le caravagisme, à l'influence duquel se mêle aussi l'ascendant de Rubens (Concert de famille, Le roi boit). Le goût de Teniers pour les plaisirs raffinés des gens du monde et des princes collectionneurs lui vaut le plus grand succès.

La Hollande

La peinture de genre, répondant aux goûts bourgeois de la clientèle, trouve dans la Hollande du siècle d'or un développement privilégié. Le rôle de Rubens en Flandre est alors tenu par Rembrandt, qui enseigne notamment à G. Dou et à Van Ostade. Hals se rattache aux caravagistes par la vigueur joviale de ses types populaires, qui appartiennent à la peinture de genre dans la mesure où, au-delà du portrait, ils évoquent un style de vie, un milieu social, une époque. Ter Borch, dans un coloris raffiné, donne une image apaisée des salles de garde et des délassements du guerrier. J. Steen peint des compositions tantôt grouillantes, tantôt intimes, voilant parfois une intention moralisante ou des allusions érotiques.

Autour de Vermeer, un autre courant se dessine – avec entre autres P. De Hooch –, celui de la vie silencieuse, du monde clos où s'enferment l'amoureuse pour lire sa lettre, le géographe pour sonder les secrets de l'univers, la dentellière pour manier ses fuseaux. Alors, par la magie de la lumière, par la richesse de la touche, l'objet le plus humble prend l'importance et l'éclat d'un trésor.

L'Espagne

Séville, dans la première moitié du xviie s., est un foyer artistique florissant, où se formeront Zurbarán, Murillo, Velázquez. La Vieille Femme qui fait frire des œufs, le Porteur d'eau, le Déjeuner mettent en scène le petit peuple.

Les xviiie et xixe s.

Au xviiie s., en France, la peinture de genre se pare d'une distinction élégante chez Watteau ou Boucher, mais c'est Chardin qui, dans son siècle et même au-delà, domine toute son histoire. En Angleterre, où elle ne fait que naître, Hogarth lui confère une dimension satirique. Celle-ci se retrouve au siècle suivant chez Daumier, qui traduit l'injustice et la misère dont il est témoin. Les œuvres de Courbet, qui met sa puissance créatrice au service du réalisme, dépassent par là la peinture de genre.