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ménestrel

(bas latin ministerialis, serviteur)

Dans la société féodale des xiie et xiiie s., jongleur attaché à un seigneur, souvent trouvère lui-même.

Les ménestrels étaient des poètes et musiciens qui, au Moyen Âge, allaient chanter leurs vers ou ceux des autres, de château en château. Ce mot vient du bas latin ministerialis, serviteur, les jongleurs ayant été, depuis le xiie siècle, attachés au service ministerium des grands seigneurs.

Poètes et musiciens

Dès les premières productions des trouvères et des troubadours, des hommes se donnèrent pour profession de les apprendre par cœur et d'aller les réciter de château en château, de ville en ville. Ces hommes étaient les ménestrels. Quelquefois, les auteurs eux-mêmes, comme Rutebeuf, allaient réciter leurs vers, et on les appelait alors chanterres ; mais, quand ils appartenaient à l'aristocratie, c'étaient les ménestrels qui se chargeaient de ce soin. Souvent poètes, ils récitaient leurs propres productions ; musiciens, ils jouaient de différents instruments dont ils s'accompagnaient quand ils chantaient les rondeaux, les lais, les chansons amoureuses, qu'ils composaient eux-mêmes. Ordinairement, ils étaient accompagnés de jongleurs ou joueurs de gobelets qui amusaient la compagnie par leurs tours, pendant qu'ils prenaient du repos. Bien accueillis, les ménestrels avaient partout leur place. On les appelait aux couronnements, aux mariages, aux festins. À l'imitation des bardes saxons, ils marchaient avec les armées pour les exciter au combat. Ce fut le ménestrel Taillefer qui, lors de la conquête de l'Angleterre par Guillaume le Conquérant, donna le signal de la bataille d'Hastings. Et leurs œuvres servirent bien souvent à la transmission d'un enseignement secret, tel celui que donne le Roman de la Rose.

La ménestrandie

Mais les libéralités dont on comblait les chanteurs en accrurent le nombre. Ils perdirent rapidement toute considération, tandis que leur art, primitivement très littéraire, se réduisit à chanter des chansons légères et à jouer de la musique pour faire danser. Sous Louis XI, ils formèrent une association appelée ménestrandie, qu'on soumit à des statuts et à laquelle on donna un maître de mestier qui, selon l'usage du temps, reçut le nom de roi des ménestriers. Une fois leur profession réglementée comme celle des artisans, leur décadence fut bientôt complète.