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musiques d'Afrique

Bénin, relief en bronze
Bénin, relief en bronze

Mode d'expression collective dont les professionnels n'ont pas le monopole, la musique africaine n'obéit à aucun système théorique ou codifié, mais à la seule tradition orale.

Il existe en Afrique noire autant de musiques que de sociétés et de langues. Cependant, malgré la grande diversité ethnique et socioculturelle, nombre de points communs subsistent, qui permettent d'identifier immédiatement l'origine de la musique. Qu'ils appartiennent aux groupes bantou (Afrique sud-équatoriale), nilotique (région du Haut-Nil et du lac Victoria), soudanais (nord de l'équateur) ou qu'ils soient issus de tribus nomades ou semi-nomades, les Noirs d'Afrique ont, face à la musique, des comportements et des conceptions comparables.

La musique polyphonique noire

Ils font souvent appel à une polyphonie simple mais sans règles apparentes, ce qui conforte l'hypothèse de traditions polyphoniques primitives qui, dans diverses civilisations, pourraient avoir précédé le développement d'une musique savante monodique. Tout aussi fréquente, la polyrythmie pourrait s'expliquer de la même façon.

Ce qui réunit ces musiques de régions et de populations aussi diversifiées, c'est tout d'abord leurs fonctions et leurs modes de transmission. Elles sont presque toujours d'origine anonyme et fondamentalement populaires ; leur conservation et leur transmission sont le fait de la communauté. Associant le plus souvent paroles et danses, ce sont des musiques de participation, et, préservées par la seule mémoire, donc d'essence faillible, elles ne cessent de se renouveler. Intégrée à tous les événements de la vie sociale et rituelle, la musique est partout strictement organisée.

Les griots

Presque tous les Africains sont musiciens. Il existe pourtant une caste de professionnels, les griots. À la fois philosophes, conteurs, sorciers, historiens, ménestrels, ils sont de toutes les fêtes, rendent d'innombrables services. Mais, aujourd'hui, la musique africaine, qui connaît un succès commercial aussi rapide qu'inattendu, perd son authenticité, entachée par la musique populaire occidentale, qui exploite à outrance le primitivisme folklorique et met l'accent sur les étrangetés coutumières, cachant le fonds d'une culture foisonnante. Autre danger pour cette musique, la sacralisation que lui insufflent ethnologues et intellectuels africains, qui condamne toute évolution naturelle de l'art nègre traditionnel. La mutation des sociétés africaines, la régression des langues et cultures autochtones, la diffusion croissante des musiques légères occidentales et commerciales africaines font le reste, ce qui contribue largement à la dissolution d'une civilisation musicale pourtant fertile.