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latérite

(latin later, -eris, brique)

Sol rouge vif ou rouge-brun, très riche en oxyde de fer et alumine, formé sous climat tropical. (Ce sol se transforme en une cuirasse impropre à la culture sous l'effet de l'alternance saison sèche/saison humide. La latérite peut être exploitée comme gisement de fer ou d'aluminium [bauxite].) [Synonymes : ferrallite, sol ferrallitique.]

La latérite (synonyme de ferralite) est un sol rouge qui se forme dans les régions tropicales humides actuelles et qui résulte d'un processus d'altération particulier sous couvert forestier, la ferralitisation ou latérisation (sol ferralitique).

Le processus de latérisation

En effet, si sous ces climats la désagrégation mécanique des roches est très faible, en revanche la décomposition chimique devient extrêmement active. La température constamment élevée sous l'équateur (60 à 80 °C le jour en surface et 26,2 °C en moyenne à 1,5 m de profondeur) permet la concentration d'ions H+ libres dans les eaux du sous-sol à des teneurs six fois plus élevées que sous les latitudes d'Europe. En outre, les eaux sont fréquemment acides. L'altération atteint alors parfois plus de 100 m de profondeur.

Ce processus s'exerce à partir de roches pauvres en silice et riches en hydroxydes de fer et d'alumine. Il consiste en un départ presque total de la silice, exportée dans les eaux de lessivage avec les alcalis, et l'accumulation sur place d'hydrates d'alumine (gibbsite) et de ses oxydes ou hydrates de fer (goethite, stilpnosidérite) qui donnent au sol une couleur rouge caractéristique (du latin later, brique) et sont appelés bauxite. Ils peuvent parfois être considérés comme des minerais d'aluminium.

Coupe d'un sol latéritique

Sur des granites ou des gneiss, ce sol comporte, du sommet à la base, les horizons caractéristiques suivants :
A1 = humus forestier (épais de 10 à 20 cm) ;
A2 = horizon lessivé beige, à gravillons ferrugineux ;
B = horizon épais de 2 à 3 m, rouge, à kaolinite abondante et à concrétions, surmonté par une zone tachetée à kaolinite (appelée lithomarge) ;
C0 = zone de départ constituée par la roche mère en début d'altération, où l'on voit des boules de roche encore à peu près intacte entourées d'une enveloppe de kaolinite. Sur des basaltes, l'évolution en latérite est encore plus rapide.

La cuirasse latéritique

Les oxydes et hydroxydes de fer se concentrent en concrétions pisolithiques, puis le sol latéritique qui présente ce profil typique peut se durcir et évoluer chimiquement vers une carapace latéritique ou ferralitique : où les teneurs en oxydes et hydroxydes de fer et d'alumine augmentent à la surface du sol, par suite du lessivage des autres constituants solubles. Cette cuirasse, dont l'épaisseur peut aller de 1 à 3 m, est une nuisance pour l'agriculture. À terme, si la zone est restée dans une longue période de stabilité climatique, l'intensité de l'altération est telle que toute structure originelle de la roche mère est effacée dans la région, et on n'observe plus de la géologie du substratum que quelques fragments de quartz filonien dispersés dans l'épais manteau latéritique.

Les latérites, qu'elles soient restées en place ou qu'elles aient été démantelées par l'érosion et resédimentées, sont parfois exploitées comme minerais de fer ou d'alumine. Sur des roches ultrabasiques, les traces de nickel de la péridotite serpentinisée peuvent être concentrées, par le même processus de latérisation in situ, en silicates hydratés de nickel (garniérite) et parfois devenir économiquement exploitables (gisements de nickel de Nouvelle-Calédonie, de Cuba).