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langue d'oc

(ancien occitan oc, oui, du latin hoc)

Bernard de Ventadour
Bernard de Ventadour

Ensemble des dialectes romans du midi de la France, parfois appelés aujourd'hui occitan.

LINGUISTIQUE

Le domaine des dialectes de langue d'oc est limité au nord par celui des dialectes de langue d'oïl et des parlers franco-provençaux. Au Moyen Âge, ces dialectes ont connu une certaine unité qu'attestent l'expression unifiée des troubadours et la langue administrative. Leur morcellement, amplifié à partir du xve s., a abouti à la formation de trois ensembles dialectaux : le nord-occitan, avec le limousin, l'auvergnat et le dauphinois ; l'occitan méridional, divisé en deux grands sous-ensembles (le languedocien, le plus important du point de vue géographique, entre Rhône et Garonne, et le provençal, qui a connu au xixe s. une grande fortune littéraire avec le félibrige) ; enfin le gascon, à l'ouest de la Garonne. On assiste actuellement à un effort de reconquête de ces parlers, encore bien vivants en milieu rural, effort soutenu par des mouvements régionaux continuateurs et vulgarisateurs d'une production littéraire remarquable de près de dix siècles.

LITTÉRATURE

La littérature ancienne en langue d'oc du midi de la France (celle de la Provincia romana), qu'on la qualifie de « provençale », d'« occitane » ou de « limousine », remonte aux xe-xie s., avec des poèmes religieux (Boèce, Sainte Foi d'Agen) et les chansons de Guillaume IX, comte de Poitiers. Dans le cours de cette littérature, interrompu par la croisade contre les albigeois, on peut distinguer trois périodes : 1° une période d'unité (xie-xve s.), durant laquelle s'est partout écrite, sinon parlée, une langue littéraire homogène. C'est le temps de la poésie des troubadours qui chantent l'amour courtois (Bernard de Ventadour, Jaufré Rudel, Arnaut Daniel, Bertran de Born, Peire Vidal, Folquet de Marseille, Guiraut de Borneil), cultivent la satire (Marcabru), la nouvelle ou roman de mœurs (Flamenca), la poésie historique étant illustrée par la Chanson de la croisade contre les albigeois ;2° une période de dispersion (xvie-xviiie s.), marquée par le développement d'une grande variété de dialectes provinciaux ainsi que par l'œuvre poétique du Gascon Pey de Garros et celle du Toulousain Pierre Goudelin (ou Goudouli) ; 3° une période de redressement (xixe-xxe s.), préparée par Fabre d'Olivet, Jasmin, La Fare-Alais, Victor Gelu et consacrée par le félibrige et l'école de Mistral, entouré d'Aubanel et Roumanille, à côté de qui on trouve Charloun Rieu, Valère Bernard, Marius André, Folco de Baroncelli-Javon, Marius Jouveau. Son succès tend à identifier le phénomène de la langue d'oc au seul domaine provençal. Des conflits prosodiques ou idéologiques sont marqués par la fondation, contre les « Provençaux », de l'Escôla occitana (1919) et de la Societat d'estudis occitans (1931), devenue en 1945 Institut d'études occitanes. Cette période voit la naissance de l'occitanisme, qui prône l'unification graphique de la langue d'oc tout en sauvegardant les originalités régionales fondamentales et revendique un « droit à la différence » au niveau national. Les noms d'Ismaël Girard, Charles Camproux et Robert Lafont s'y rattachent. Depuis 1950, la poésie témoigne donc d'une vigueur et d'une diversité toutes particulières en Languedoc (Léon Teissier, Henri Chabrol, René Nelli, Max Rouquette, Léon Cordes, Yves Rouquette, Jean Larzac), en Quercy (Jules Cubaynes, Sylvain Toulze, Félix Castan), en Gascogne (Pierre Bec, Xavier Ravier), en Limousin (Jean Mouzat, Amédée Carriat, Roger Ténèze), en Périgord (Marcel Fournier, Bernard Lesfargues), en Roussillon (Edmond Brazès, Antoine Cayrol). Plus tardif, le roman occitan (Histoire de Jean-l'ont-pris, 1762, de l'abbé Fabre ; Nové Granet, 1856 de Gelu ; la Bête du Vaccarès, 1926, de Joseph d'Arbaud) s'épanouit avec les récits de Mouly et de Jean Boudou avant de s'installer dans la modernité avec Robert Lafont (Joan Larsinhac, 1951), Bernard Manciet, Jean-Pierre Tennevin.

Pour en savoir plus, voir l'article littérature en langue d'oc.