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homosexualité

Sexualité de l'homosexuel (par opposition à hétérosexualité).

HISTOIRE

L'homosexualité fut considérée, en France, comme un délit jusqu'en 1982 (loi du 4 août 1982 abrogeant le délit d'homosexualité) ; depuis, elle est dépénalisée. Si le mot même n'est daté que de la dernière décennie du xixe s., l'homosexualité est attestée dans diverses cultures à différentes époques (Occident, monde arabo-andalou, Japon…).

Le fait culturel

L'Antiquité

Dans nulle autre civilisation que celle de la Grèce antique, l'amour homosexuel ne fut autant un fait culturel. La mythologie le consacra (Zeus et Ganymède, Apollon et Hyacinthe). Le lyrisme saphique le célébra sous la forme du lesbianisme. L'enseignement socratique le propagea sous la forme de la pédérastie. Celle-ci décrivait une relation de maître à élève qui admettait alors le lien charnel. Associé par Platon (le Banquet, Phèdre) à l'idée du beau, le corps de l'éphèbe fut de même immortalisé par la statuaire.

La pédérastie fut répandue non seulement à Athènes, mais aussi en Crète, à Sparte, à Thèbes, essentiellement dans l'aristocratie. En réalité, elle était la composante d'une pratique bisexuelle. Car, dans la Grèce antique, les hommes se mariaient par souci de descendance, et les relations entre adultes étaient plus fustigées que tolérées.

À Rome, seule l'homosexualité masculine fut généralement acceptée. Parmi d'autres poètes, Virgile, dans les Bucoliques, en fit un thème littéraire. La passion de l'empereur Hadrien pour le jeune Antinoüs est entrée dans la légende.

Au iiie s. après J.-C., l'homosexualité tomba sous le coup de la loi et, officiellement prohibée sous le règne de l'empereur Théodose le Grand (390), elle devint passible du bûcher.

Le Moyen Âge et la Renaissance

L'empereur byzantin Justinien Ier, au vie s., renforça l'arsenal répressif. Dans la France capétienne, sous Philippe le Bel, on se servit de l'accusation de sodomie pour abattre la puissance des Templiers. À la cour d'Angleterre, à la même époque, un enjeu politique se noua autour des préférences du roi Édouard II.

À la Renaissance, l'homosexualité imprégna assez largement les mœurs. La France eut Henri III et ses mignons. Dans les arts, trois des plus grands génies, Léonard de Vinci, Michel-Ange et sans doute Shakespeare (comme le laissent penser ses sonnets), ont partagé les mêmes penchants.

L'époque moderne

C'est à la fin du xixe s., puis au cours du xxe s., que l'homosexualité est devenue une affirmation de soi pour des écrivains comme Verlaine et Rimbaud, Wilde, Proust, Gide, Colette, Thomas Mann ou Montherlant. Acteur et témoin de la différence, Jean Genet exalte dans son œuvre le désir homosexuel. Celui-ci est l'une des sources de la création dans l'ensemble des arts et des lettres, et, depuis les années 1990, la tendance est au « coming out », qui touche aussi les milieux de la politique, du sport et des médias.

Le mouvement gay et lesbien

Apparue en Californie, dans les années 1970, la revendication du « droit à la différence » pour la minorité homosexuelle s'est étendue à toutes les sociétés occidentales. Il en est résulté un mouvement d'opinion, le mouvement gay et lesbien, qui agit à l'occasion en groupe de pression pour obtenir des pouvoirs publics la modification des législations en vigueur et la répression des actes de discrimination homophobes. Les parades de rue (Lesbian and Gay Pride) tendent à donner à la communauté homosexuelle – sans toujours éviter la caricature – une visibilité nouvelle. Autour de cette communauté, c'est aussi toute une activité économique qui se développe pour répondre à ses habitudes de consommation (presse, loisirs, mode, tourisme…).

En France, après avoir obtenu le pacs (1999), les associations homosexuelles militent en faveur du droit au mariage, du droit à l'adoption ainsi que de la reconnaissance juridique et sociale de l'homoparentalité.

MÉDECINE

Homosexualité et sida

La population homosexuelle masculine des pays occidentaux s'est trouvée parmi les plus atteintes dès le début de l'épidémie de sida, dans les années 1980, mais c'est aussi l'une de celles sur lesquelles les campagnes d'information et de prévention ont eu la plus grande efficacité. Depuis, si les homosexuels masculins sont demeurés plus exposés que les hétérosexuels du fait de leurs pratiques sexuelles (le risque de contamination est relativement élevé lors d'un rapport anal réceptif avec un sujet séropositif), ils ont bien suivi les consignes de prévention, en utilisant des préservatifs masculins. Toutefois, depuis la fin des années 1990, il est apparu que les « relations non protégées » devenaient plus fréquentes chez les homosexuels, ce qui pourrait être mis en rapport avec les espoirs apportés par les progrès thérapeutiques (trithérapie). Aujourd'hui, le préservatif masculin constitue toujours la seule protection efficace contre le sida et les autres maladies sexuellement transmissibles.

PSYCHANALYSE

Les expériences homosexuelles liées aux premiers émois de l'adolescence n'impliquent pas nécessairement une évolution ultérieure vers l'homosexualité. Pour Freud, celle-ci est avant tout une affaire de choix d'objet. Elle n'est qu'un symptôme et non une cause. La cause est du côté de la bisexualité fondamentale de tout être humain. Toutefois, Freud, faisant l'analyse de l'homosexualité, la trouve, chez les femmes, dans des cas d'hystérie – qui fonctionne par identification refoulée à une autre femme – et, chez les hommes, dans des cas d'obsession narcissique – qui conduit le sujet à fixer son objet sur un corps semblable au sien.

On ne saurait omettre, au demeurant, l'influence que peuvent exercer certains environnements clos (internats, prisons) sur l'orientation du comportement sexuel.

Aujourd'hui, de nombreux acteurs du mouvement gay et lesbien contestent la pertinence du discours psychanalytique sur l'homosexualité.