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haïku

Petit poème de dix-sept syllabes, en trois vers (respectivement de 5, 7 et 5 syllabes), le haïku fut l'un des genres poétiques privilégiés de la littérature japonaise classique. Reposant sur une extrême concision formelle et usant parfois de l'humour pour suggérer un sentiment et non l'exprimer, il évoque en général un paysage ou un état d'âme.

Du haïkaï au haïku

Le haïku dérive d'une autre forme poétique japonaise plus ancienne, le haïkaï (abréviation de haïkaï no renga), qui désignait initialement un type de poème divertissant né des joutes poétiques et construit comme un bref dialogue. L'aspect humoristique était l'une des caractéristiques fondamentales du haïkaï, dont le sens premier était « plaisant ». Aussi le haïkaï autorisait-il une certaine liberté de ton, qui le distinguait des autres genres poétiques, où étaient cultivés avant tout l'élégance et le raffinement.

Le haïkaï était composé d'une « introduction » (hokku) de 17 syllabes (5/7/5), suivie de plusieurs versets de 14 et 17 syllabes. Apparu au xvie siècle, le haïkaï s'épanouit avec Yamazaki Sokan et Arakida Moritake avant d'être cultivé par de nombreux maîtres. Il atteignit son apogée au xviie siècle avec Matsuo Basho. À partir du xviiie siècle, sa mode commença à décliner au profit d'une nouvelle forme poétique, le haïku.

Contraction de haikaï no hokku, le haïku correspond en fait au premier verset du haïkaï, qu'il remplaça progressivement. Au xviie siècle, Basho Matsuo le cultivait déjà et au siècle suivant Yosa Buson s'imposa comme l'un des maîtres du genre. Le haïku acquit véritablement son autonomie au xixe siècle avec Masaoka Shiki.

Le haïku dans la littérature occidentale

Dès la fin du xixe siècle mais surtout à partir du xxe, plusieurs poètes occidentaux cherchèrent à transposer dans leur langue l'esprit du haïku. L'enthousiasme suscité par cette forme poétique japonaise s'inscrivait dans le même sens que la percée du japonisme dans les arts picturaux. Genre poétique oriental pourtant difficile à adapter, le haïku séduisait par son exotisme mais surtout par son extrême brièveté (« parce que la forme est contraignante, l'idée jaillit plus intense » disait Charles Baudelaire) et sa très forte valeur suggestive. Après les « poésies-flash » de Blaise Cendrars, les recueils de haïku occidentaux les plus célèbres sont ceux de Paul Éluard (Pour Vivre ici, 1920) et de Paul Claudel (Cent Phrases pour éventails, 1942). Les poètes dada en firent aussi un mode d'expression privilégié ; Francis Ponge y vit un genre apte à exprimer la résistance des mots.

Aux États-Unis, le haïku se développa principalement autour des poètes du mouvement « imagiste » (Ezra Pound) qui appréciaient son pouvoir évocateur. Par ailleurs, les écrivains de la « beat génération » (Allen Ginsberg, Jack Kerouac) renouvelèrent le genre en en faisant une forme propre à l'expression de la modernité.