En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

grec

Alphabet grec
Alphabet grec

Langue indo-européenne parlée par les Grecs.

LINGUISTIQUE

Le grec a été importé dans la péninsule balkanique par les Indo-Européens venus du nord au début du IIe millénaire. Les premiers documents écrits dans un syllabaire récemment déchiffré (le linéaire B des tablettes de Pylos, de Cnossos et de Mycènes) datent du xve s. avant J.-C. et restituent la langue mycénienne, qui était sans doute celle des Achéens d'Homère. Un moment capital de l'histoire du grec a été l'emprunt aux peuples sémitiques d'un alphabet beaucoup plus précis et commode que le vieux syllabaire (début du Ier millénaire). Bien que perfectionné différemment par les Grecs de l'Ouest et ceux de l'Est, cet alphabet a été adopté par tous et s'est transmis jusqu'à nous par l'intermédiaire des Romains.

Le grec ancien existait sous la forme de nombreux dialectes répartis en 4 familles correspondant aux vagues successives des invasions indo-européennes dans le monde égéen : l'achéen (Mycènes et Cnossos, Arcadie, Chypre), l'éolien (Thessalie, Béotie, Asie Mineure), l'ionien (Attique, Eubée, Cyclades, Asie Mineure), enfin le dorien (Laconie, Crète, Rhodes, Thêra, Achaïe, Étolie, Épire, Sicile). Le dorien et l'ionien avaient une spécialisation littéraire, le premier servant exclusivement pour les chœurs de la tragédie, le second pour l'épopée. La prépondérance prise par Athènes explique que ce soit l'attique qui ait été introduit par Alexandre dans ses conquêtes orientales : langue officielle de l'Égypte à l'Indus, cette koinê se substituera progressivement à tous les autres dialectes grecs à partir du ive s. avant J.-C. et les fera disparaître définitivement au début de notre ère, à l'exception du tsaconien. De cette koinê dérive à travers le grec chrétien et le grec byzantin la langue grecque moderne. Celle-ci existe sous deux formes concurrentes : le démotique, qui représente l'aboutissement naturel et vivace de l'ancienne koinê, est la langue parlée et celle de la littérature ; le katharevoussa, langue de l'État et de l'Église, est une langue archaïsante et puriste, qui prétend reconstituer l'ancienne koinê. Le grec se caractérise par une richesse lexicale exceptionnelle qui est due à son héritage historique et à de nombreux emprunts (en particulier au français à une époque récente), mais également à ses procédés très productifs de dérivation et de composition.

LITTÉRATURE

On peut classer la littérature grecque ancienne en quatre grandes périodes.

Période ionio-dorienne (ixe s.- début du ive avant J.-C.)

La littérature grecque, dont les origines sont obscures, est née en Ionie.

L'Iliade et l'Odyssée sont les premières œuvres parvenues jusqu'à nous. Elles marquent l'aboutissement de toute une poésie chantée par les aèdes et ont donné naissance à d'autres épopées, ayant trait à la légende de Troie et aux légendes thébaines. Vers 700, apparaissent la poésie didactique avec Hésiode et les différents genres de la poésie lyrique, tels le lyrisme choral (Alcman, Stésichore), l'élégie (Tyrtée, Théognis), l'iambe (Archiloque), l'épigramme (Simonide de Céos), tandis que l'école de Lesbos (Alcée, Sappho) chante la passion amoureuse. Avec l'éveil de la philosophie (Xénophane, Parménide, Empédocle), viennent à la fin du vie s. les premières œuvres en prose (Anaximandre, Héraclite) et la littérature historique (Hécatée de Milet).

Période attique (ve-ive s. avant J.-C.)

Athènes devient la capitale artistique du monde hellénique. Cet âge d'or voit le triomphe du lyrisme, représenté par Pindare et Bacchylide. Il se manifeste aussi par l'essor du théâtre avec la tragédie (Eschyle, Sophocle et Euripide) et la comédie (Cratinos et surtout Aristophane). Le domaine de la prose s'élargit : l'histoire est représentée par Thucydide et Xénophon. L'éloquence judiciaire et politique révèle un peuple d'orateurs (Antiphon, Andocide, Lysias, puis Isocrate, Démosthène surtout, Eschine, Lycurgue), alors que la philosophie s'épanouit avec Platon et Aristote.

Période hellénistique (fin du ive-iie s. avant J.-C.)

À l'avènement d'Alexandre, Athènes voit disparaître sa primauté, bien que les écoles philosophiques soient florissantes, ainsi que la comédie (Ménandre).

Alexandre devient la capitale de l'hellénisme. La poésie dite « alexandrine » remet en honneur des anciens genres comme l'épopée (Apollonios de Rhodes), l'épigramme et l'hymne (Callimaque), tout en s'enrichissant de la création originale du mime (Hérondas) et de la découverte de la poésie bucolique (Théocrite). C'est aussi l'époque des grands travaux d'érudition et d'exégèse dans le domaine de la philologie et de la critique littéraire (Aristarque). La géographie mathématique (Ératosthène) et l'histoire (Polybe) témoignent également du goût pour l'activité intellectuelle.

Période romaine et byzantine (ier s. avant J.-C.-ive s. après J.-C.)

Avec l'établissement de l'Empire, Rome s'érige en capitale du monde civilisé, et le latin devient la langue littéraire par excellence. Cependant, c'est en grec que sont rédigés de nombreux ouvrages d'histoire (Denys d'Halicarnasse, Arrien, Appien, Dion Cassius), de philosophie morale (Plutarque, Épictète, Marc Aurèle), de géographie (Strabon, Pausanias). Si l'on excepte la satire morale représentée par Lucien, le déclin de la littérature grecque s'amorce dès le iiie s. Le néoplatonisme apparaît avec Plotin et Porphyre. Les œuvres littéraires sont dues aux apologistes chrétiens du ive s. (Eusèbe de Césarée, Grégoire de Nazianze, saint Basile, saint Jean Chrysostome). C'est à Byzance que se poursuivent les destins de l'hellénisme.