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les goliards

Au Moyen Âge (xie au xiiie s.), clercs évadés de la hiérarchie de l'Église, vagant d'une université à l'autre à travers l'Europe, vivant comme poètes itinérants, jongleurs ou ménestrels, et étudiant, au dire d'un contemporain, « les arts libéraux à Paris, le droit à Orléans, la médecine à Salerne, la magie à Tolède et les bonnes manières et la morale nulle part ».

Dénonçant dans leurs chansons la vénalité des princes de l'Église et critiquant le système social établi, les goliards chantaient, dans des termes souvent très libres, le vin, l'amour et le plaisir charnel. L'Église s'éleva fermement contre l'activité de ces clercs en rupture de ban, dont certains avaient reçu les ordres mineurs, et, en 1289, les privilèges ecclésiastiques leur furent définitivement retirés. Certains d'entre eux, tels Hugues d'Orléans, dit le Primat, Pierre de Blois ou Philipe le Chancelier par exemple, se repentirent sur le tard et terminèrent leur carrière bien établis dans la hiérarchie sociale et, comme Serlon de Wilton (fin du xiie siècle), devinrent d'austères abbés. Le plus célèbre d'entre eux, Gautier de Châtillon, par ailleurs auteur d'une épopée consacrée à Alexandre le Grand, l'Alexandreis (vers 1180), fit partie de la chancellerie d'Henri II Plantagenêt : on lui doit des pièces célèbres comme le Discours de Golias aux prélats ou l'Apocalypse de Golias.

Plusieurs manuscrits ont conservé les chansons des goliards, poèmes rythmiques dont la métrique est celle de la tradition populaire, fondée sur le compte des syllabes, les assonances et la rime, et non sur la scansion des longues et des brèves, comme dans la poésie savante ; la collection la plus connue est le recueil des Carmina burana, provenant de l'abbaye de Benediktbeuren, en Bavière, qui inspira le compositeur allemand Carl Orff (1937).