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corrida

Francisco de Goya, l'Arène divisée
Francisco de Goya, l'Arène divisée

La corrida, ou course de taureaux, est un spectacle tauromachique intégral au cours duquel les taureaux sont piqués et mis à mort. Il se différencie d'autres spectacles dits « mineurs » au cours desquels les aspirants toreros font leurs premiers pas face à des animaux plus jeunes et théoriquement moins dangereux, comme les capeas (ni picadors ni mise à mort) ou les becerradas (sans picador, mais avec mise à mort).

Le déroulement de la corrida

Le rituel

Une corrida se déroule selon un rituel très précis. L'alguazil, personnage vêtu de noir, précède le paseillo, défilé des matadors suivis de leurs aides (peones et banderilleros), qui se présentent au public et au président, lequel, en agitant un mouchoir blanc, annoncera le début du combat (lidia). En général, trois toreros se succèdent, affrontant chacun deux taureaux.

Le torero non confirmé affrontant des taureaux de moins de trois ans est un novillero. L'alternative est la cérémonie au cours de laquelle un novillero devient torero.

Les phases du combat

Un combat dure environ 20 min. Il comprend trois périodes (tercios).

La première période

Après le paseo des cuadrillas, c'est le matador le plus ancien (dit « d'alternative ») qui affronte le premier taureau, les autres toreros se produisant ensuite selon ce critère d'ancienneté professionnelle. Le matador prend la mesure du taureau, issu d'un élevage spécialisé (ganaderia). Recevant le taureau avec une grande cape fuchsia, il dessine à l'aide de celle-ci des figures particulièrement esthétiques dont les principales sont la véronique, la chicuelina, la rebolera.

La fougue du taureau légèrement tempérée, les picadores, à cheval, interviennent et piquent l'animal avec leurs lances (varas) pour tester sa combativité et réduire un peu la force de l'animal pour les dernières séquences de la corrida. À l'issue de cette première phase, le président, sur la demande du public, peut décider de la sortie du taureau si celui-ci n'est pas jugé suffisamment combatif.

La deuxième période

Au cours de la deuxième période, le torero et les banderilleros plantent trois paires de banderilles sur l'animal, en lui faisant face. L'intermède des banderilles, pittoresque et athlétique, permet au matador de voir pour la première fois comment vient l'animal sur un homme démuni de leurre.

La troisième période

L'ardeur du taureau se trouvant encore modérée, la séquence de muleta, morceau d'étoffe rouge, peut intervenir, au cours de laquelle tout l'art du torero se doit d'être empreint de finesse, de domination et d'élégance. C'est la phase la plus spectaculaire du combat, durant laquelle le matador fait valoir sa virtuosité. Quand les qualités de l'adversaire s'y prêtent, l'artiste peut enchaîner une multitude de passes dont les principales sont la naturelle, le derechazo, le pecho, les firmas et banderas, les passes changées.

Quand arrive le moment où le taureau ne se prête plus à l'exécution d'autres passes, soit par fatigue ou parce qu'il a compris que derrière le leurre il y a un homme, qu'il cherche à atteindre, vient la mise à mort, que le matador demande au président l'autorisation d'effectuer – pendant que les peones attirent le taureau vers eux.

La mise à mort

Le matador s'efforce d'amener le taureau à se présenter face à lui, tête baissée. La mise à mort (estocade) est obtenue en plantant une épée dans l'encolure de l'animal. Pour cela, le matador peut soit attendre que le taureau le charge, soit s'élancer vers lui. Cette ultime phase du combat, la plus controversée, est aussi celle sur laquelle le torero sera jugé.

Si l'animal tarde à mourir, le torero pourra se voir refuser les trophées (une oreille, deux oreilles, les deux oreilles et la queue, en fonction de la qualité de sa prestation), et même connaître la bronca de la part du public. Le torero peut offrir la mort de l'animal à une personne de l'assistance (brindis). Le taureau mort est évacué de l'arène.

Les arènes

Les arènes n'ont pas de dimensions ou de forme obligatoires. Elles sont le plus souvent construites à l'imitation des cirques de la Rome antique, donc de forme circulaire. La plaza de toros, où le torero et le taureau s'affrontent, est le plus souvent faite de terre battue recouverte de sable. Elle est entourée d'une palissade, en général en bois, et de gradins. Traditionnellement, la loge présidentielle est située face à la porte qui permet d'accéder au toril.

L'Espagne compte un nombre important d'arènes. Les premières arènes permanentes furent construites à Madrid en 1749, à Séville en 1761 et à Saragosse en 1764. Néanmoins, les plus grandes arènes se situent à Mexico (Monumentale Plaza Deportes, 48 000 places). En France, les arènes les plus connues sont celles de Nîmes (20 000 places) et d'Arles (12 000 places).

La mise en cause de la corrida

L'« art » tauromachique déchaîne les passions en opposant ses aficionados et ses détracteurs. Les partisans de la corrida soutiennent qu'il s'agit d'un élément essentiel de la culture ibérique ancestrale, partie fondamentale des ferias qui se tiennent en Espagne d'avril à octobre. De plus, sans la corrida, les ganaderias n'auraient plus lieu d'exister et, de ce fait, la race des taureaux de combat s'éteindrait.

Pour ses détracteurs, la corrida est un spectacle sanguinaire qui se termine inéluctablement par la mise à mort du taureau. En Espagne, celle-ci a lieu au centre de l'arène et, au Portugal, hors de l'arène. En France, elle est réglementée (la mise à mort ne pouvant se pratiquer que dans les villes revendiquant une tradition tauromachique de plus de cinquante ans).

Quelques grands noms de la corrida

El Cordobès [Espagne, né en 1937]

Matador.
→ El Cordobès

Dominguín (Luis Miguel) [Espagne, 1926-1996]

Matador.
→ Dominguín (Luis Miguel)

García Belmonte (Juan) [Espagne, 1892-1962]

Matador.
→ García Belmonte (Juan)

Joselito [Espagne, 1895-1920]

Matador.
→ Joselito

Manolete [Espagne, 1917-1947]

Matador.
→ Manolete