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Tell el-Amarna

Site de la Moyenne-Égypte, sur la rive gauche du Nil, où se trouvent les ruines de l'ancienne capitale Akhet-Aton (l'« Horizon d'Aton »), fondée par Aménophis IV (Akhenaton) en l'honneur du nouveau dieu solaire Aton.

Les motifs qui déterminèrent Aménophis IV à rompre avec le clergé de Thèbes sont difficiles à discerner aujourd'hui, aucun texte connu n'y faisant allusion. Ils ont pu être d'ordre politique et inspirés par le désir de porter un coup à l'hégémonie des prêtres d'Amon, excessivement enrichis par les donations des règnes précédents. Mais il apparaît assez clairement qu'Aménophis IV a voulu se poser aussi en théoricien de dogmes nouveaux

En l'an IV de son règne, il abandonna Thèbes et ses dieux. Échangeant son ancien nom pour celui d'Akhenaton, « cela est agréable à Aton », il alla s'établir dans un territoire dépendant du nome du Lièvre, avec son nouveau dieu Aton (le disque solaire), qui n'était en réalité qu'une des formes du dieu héliopolitain Rê. Cette révolution à la fois politique et religieuse eut son contrecoup dans le domaine des arts, le roi intruisant lui-même ceux qui étaient chargés d'affirmer l'esthétique nouvelle. Sous la conduite d'un certain Baki, sculpteur de Thèbes, des équipes furent improvisées, recrutées sans doute parmi les artistes chevronnés.

La ville comprenait, échelonnés le long du fleuve, le grand temple d'Aton, le palais royal et la nécropole, répartie en trois groupes de tombes (hypogées de type thébain). Les principaux édifices et les tombes étaient ornés de scènes illustrant la vie familiale du pharaon et ses idées religieuses. Elles sont exécutées dans un style naturaliste, très libre, qui rompt avec l'art traditionnel égyptien. Parmi les découvertes, il faut signaler un important dépôt de tablettes cunéiformes (elles ont permis de mettre en évidence le déclin du Moyen Empire sous la XVIIIe dynastie) et des portraits de la reine Nefertiti.

La force des traditions séculaires devait toutefois l'emporter : après une existence d'un quart de siècle, la ville d'el-Amarna, symbole de la révolution politico-religieuse, ne survécut guère à Akhenaton. Après la mort du pharaon hérétique, la cour revint à Thèbes, et Tell el-Amarna, où palais et temples de brique crue, livrés à l'érosion, n'ont laissé que des traces difficilement reconnaissables, n'offre plus aujourd'hui que le spectacle d'un site semblable à celui que vit Akhenaton avant d'y bâtir sa ville : un endroit désert qui, selon les termes mêmes du roi « n'appartient ni à un dieu, ni à une déesse, ni à un prince, ni à une princesse ». Ce vaste cirque désertique cerné de falaises, loin des lieux habités, est bien le site que l'on imagine convenir à ce pharaon idéaliste où, de façon éphémère, lui et ses fidèles vécurent en marge de l'Égypte et de son histoire.

La nécropole

Elle se compose de trois groupes de tombeaux, certains creusés dans les parois des falaises. Un assez grand nombre de tombes, avec des hypogées de type thébain, ont été mises au jour ; on peut notamment citer : le tombeau de Houya, « chambellan de la reine Tiyi », avec plusieurs chambres décorées de scènes associant la reine mère au culte d'Aton ; le tombeau de Méryrê, « scribe royal, inspecteur du trésor, chambella de Néfertiti », remarquable notamment par une scène représentant Akhénaton, assis sous dais avec son épouse et ses filles, reçevant l'hommage des peuples étrangers : Africains et divers peuples de l'Asie, apportant de l'or, des esclaves prisonniers, des animaux sauvages et divers butins ; le tombeau d'un autre Méryré, « grand-prêtre du Disque solaire », composé de trois chambres, dont deux entièrement décorées de scènes d'adoration du Soleil ; le tombeau de Parennefer, « artisan royal, laveur des mains de Sa Majesté », etc.