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Sénégal : activités économiques

La Casamance
La Casamance

1. L'essor économique

Pays faiblement doté en ressources naturelles, le Sénégal a connu un rapide essor économique après que la France eut fait de Dakar la capitale de l'Afrique-Occidentale française (A.-O.F.). Ce choix a profondément marqué les structures de l'économie : développement des services administratifs, des transports et du commerce (port de Dakar, chemins de fer Dakar-Bamako et Dakar-Saint-Louis desservant le Mali – alors le Soudan français – et la Mauritanie), début d'industrialisation. Sur le plan agricole, le Sénégal était devenu l'archétype d'un certain modèle colonial, caractérisé par la monoculture de l'arachide, pratiquée par des centaines de milliers de petits paysans, et qui avait donné naissance à des activités en aval : stockage, commercialisation, transport, mais aussi transformation industrielle dans les huileries. Les indépendances de 1960 ont profondément modifié ces données, avec la disparition de l'A.-O.F., le développement d'industries concurrentes en Côte d'Ivoire, la perte du quasi-monopole des transports avec le Mali, ou encore la disparition des « surprix » payés par la France pour l'arachide. Ainsi s'expliquent les difficultés économiques du pays, et ses efforts pour diversifier ses activités.

2. L'agriculture

L'agriculture a bénéficié de très importants investissements – sur aide extérieure essentiellement – consacrés au riz irrigué et à la canne à sucre dans la vallée du fleuve Sénégal, avec un résultat relativement décevant (lourdeur des structures d'encadrement, contraintes techniques difficilement maîtrisables). Les mises en eau des barrages de Diama en 1985 (avec la Mauritanie) et, surtout, de Manantali en 1988 (avec le Mali et la Mauritanie) n'ont pas encore donné les résultats escomptés : les problèmes fonciers et sanitaires qu'elles allaient entraîner ont été mal anticipés. Le riz, aliment de base des populations urbaines, doit toujours faire l'objet d'importations massives, favorisées par les bas prix pratiqués par les pays d'Asie du Sud-Est. L'urbanisation entraîne une forte augmentation de la demande de produits vivriers commercialisés, à laquelle les paysans, handicapés par la pauvreté des sols et la rigueur du climat – sauf en Casamance – ne peuvent répondre que partiellement. Les mils et sorghos, consommés principalement en zone rurale sahélienne, sont depuis une vingtaine d'années complétés par le maïs, mais ces cultures sont particulièrement tributaires des conditions climatiques. Heureusement, la pêche, fort active, mais aussi l'élevage (que complètent des importations en provenance des pays voisins) fournissent un apport protidique essentiel.

3. L'industrie

L'industrie – au sens large – sans être négligeable, puisqu'elle contribue pour un quart au P.I.B., a du mal à véritablement « décoller ». Elle inclut des activités extractives (phosphates), des unités de transformation des matières premières locales (huile/savon, riz décortiqué, sucre, engrais) ou importées (farine, produits pétroliers, boissons), et des P.M.E. tournées vers le marché intérieur (construction, réparation automobile, etc.). La très grande majorité de ces entreprises est concentrée dans la presqu'île du Cap-Vert, tout comme le « secteur informel », qui est particulièrement actif.

4. Le tourisme

Le Sénégal fonde de grands espoirs sur le tourisme de masse, qui a effectivement connu un certain succès. Son développement est cependant freiné, depuis quelques années, par le conflit en Casamance, destination particulièrement appréciée des Français.

5. Les finances publiques

Dans ce contexte difficile, régulièrement aggravé par les sécheresses qui frappent la partie sahélienne du pays, le Sénégal ne peut parvenir à assurer ces « grands équilibres » prônés par le F.M.I. et la Banque mondiale. Le commerce extérieur reste structurellement déficitaire, encore qu'en la matière l'importance des échanges transfrontaliers non enregistrés, favorisés par l'extension du réseau routier bitumé, limite singulièrement la signification des statistiques officielles. Il en va de même de l'« enclave » gambienne, qui constitue, aux dires des spécialistes, une véritable « économie de contrebande ». Les finances publiques sont fragiles, mais elles sont soutenues par une aide publique extérieure qui est la plus importante, en valeur absolue, des pays de la zone franc.

La dette extérieure, largement consentie à des conditions favorables (dette dite « concessionnelle »), n'a pas atteint un volume excessif par rapport au niveau de développement du pays. La dévaluation du franc C.F.A. de janvier 1994, après avoir entraîné une forte hausse des prix, semble avoir constitué un facteur favorable pour l'économie sénégalaise, dont les productions sont devenues plus compétitives (leur prix ayant moins augmenté que celui des importations).

Pour en savoir plus, voir les articles géographie physique du Sénégal et population du Sénégal.