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église Sainte-Foy de Conques

Reliquaire de Pépin
Reliquaire de Pépin

HISTOIRE

On pense que, dès le ve s., aurait existé à cet endroit une petite agglomération autour d'un oratoire consacré au Saint Sauveur. Cet oratoire, après le passage des Sarrasins, aurait été reconstruit vers 730 par les soins de Pépin le Bref, puis par Charlemagne.

Vers la même époque, l'abbé Dadon y fonda un monastère qui adopta en 819 la règle de saint Benoît. Cette abbaye, à l'organisation sociale bien structurée, allait progressivement réunir d'importants domaines fonciers et constituer un îlot de prospérité dans la détresse économique du ixe s.

À ce moment, entre 864 et 875, événement capital, un moine de Conques, Arinisdus (ou Ariviscus), parvint à soustraire les reliques de sainte Foy dans une église, située aux environs d'Agen, où sainte Foy avait subi le martyre à l'âge de douze ans (iiie s.). Ce vol pieux allait immédiatement déclencher des miracles et des vagues de pèlerins. De surcroît, Conques s'imposa bientôt comme une étape obligatoire sur l'une des routes les plus suivies du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle.

Au xiiie siècle, l'abbaye se renforça et atteignit l'apogée de sa puissance économique, mais elle déclina aux xive et xve siècles, et fut finalement sécularisée en 1424.

Abandonnée depuis la Révolution, Conques fut en quelque sorte redécouverte en 1837 par Prosper Mérimée, alors inspecteur des Monuments historiques. Le trésor et le grand portail avaient été conservés intacts par les habitants, mais l'église dut cependant subir des consolidations. En 1911, un musée fut construit par les Monuments historiques pour abriter le plus fameux trésor du Moyen Âge qui soit parvenu jusqu'à nous. Les reliques de sainte Foy, retrouvées en 1875, ont été reconnues, et, depuis 1878, le pèlerinage a été remis en honneur.

Enfin, en 1998, l'abbatiale était inscrite sur la Liste du patrimoine mondial de l'Unesco au titre de monument remarquable sur la route de pélerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle.

L'église

L'église Sainte-Foy de Conques, commencée entre 1041 et 1052 par l'abbé Odolric, terminée dans le premier quart du xiie siècle, appartient à la famille romane des grandes églises de pèlerinage issue de Saint-Martin de Tours.

Les rapports sont étroits entre Sainte-Foix de Conques et Saint-Sernin de Toulouse : les deux édifices s'influencèrent mutuellement mais, en bien des points, le modèle doit être cherché à Conques. De même, Sainte-Foy a été une des principales sources d'inspiration pour les églises romanes d'Auvergne.

La sévérité de l'édifice n'en fait que mieux ressortir la magnifique ampleur. L'ornementation semble avoir concentré toute sa richesse sur le tympan du grand portail : le Jugement dernier est l'une des plus belles pages de la sculpture romane.

Le portail du Jugement dernier

Ce chef-d'œuvre, exécuté vers 1130-1135, se rattache par certains caractères à l'esthétique auvergnate, par d'autres à celle du Languedoc ; mais il témoigne de la personnalité du maître d'œuvre et de son habileté à marier la plus haute mystique et la farce la plus joyeuse.

Au centre de la composition trône le Christ en majesté entouré de quatre anges ; à sa droite s'avancent la Vierge, Pierre, Dadon et Odolric conduisant un roi par la main. Ce dernier pourrait être Louis le Pieux ou Pépin d'Aquitaine. Au-dessous et tout à fait à gauche, l'église de Conques est figurée par une série d'arcades ; sainte Foy, prosternée, est bénie par la main de Dieu.

On voit ensuite la Résurrection. Sous les pieds du Christ a lieu la pesée des âmes, le Démon essayant de fausser l'ouvrage de saint Michel. Au-dessous de l'archange, un ange reçoit les âmes des justes ; six arcades abritent Abraham et les élus. Du côté opposé, les damnés tombent la tête la première dans le vestibule de l'enfer dont l'entrée est figurée par une gueule monstrueuse. Au milieu de son domaine est assis sur son trône le prince des démons, environné d'un petit monde caricatural.

Cette féconde et truculente composition, illustrée de vers léonins (dont les hémistiches riment ensemble), était à l'origine polychrome ; elle compte dans son ensemble plus de cent figures auxquelles s'ajoutent les petits personnages cachés derrière une sorte de phylactère formant voussure.

La Majesté de sainte Foy

L'abbaye de Conques, visitée pendant des siècles par des milliers de pèlerins, honorée par les plus puissants personnages de la chrétienté, amassa évidemment des richesses fabuleuses. En dépit des pertes, des vols et autres déprédations qui s'étaient multipliées depuis son abandon, un grand nombre d'objets sont parvenus jusqu'à nous, et constituent aujourd'hui un des ensembles d'orfèvrerie médiévale les plus complets et les plus prestigieux ; parmi les pièces les plus importantes, on peut citer le vénérable fragment d'or repoussé de la Crucifixion (viiie siècle), le Reliquaire pentagonal (avec des éléments du viie au xiiie siècle), et l'Autel portatif de sainte Foy, qui témoigne de la naissance de l'émaillerie méridionale à Conques, vers 1100.

Mais une des pièces les plus rares de ce trésor, sinon la plus belle, du moins la plus spectaculaire, est sans conteste la célèbre statue-reliquaire de sainte Foy, connue sous le nom de « Majesté de sainte Foy ».

La tête en or de cette « Majesté de sainte Foy » - la plus ancienne statue-reliquaire conservée - remonterait au ve s., tandis que le corps, en plaques d'or sur âme de bois, appartient au dernier quart du ixe s. Il renferme le chef de la sainte. La statue, haute de 0,85 m, et son trône en vermeil sont ornés de filigranes, d'émaux cloisonnés et de pierres dures (amétysthes, émeraudes, opales, agates, jades, saphirs, cornalines, grenats, cristaux de roche) dont trente-trois camées et trente et une intailles antiques. L'ensemble a été transformé au xe s. et à nouveau au xive s. (ceinture, monstrance sur la poitrine, boules en cristal du siège) et au xvie s. (les mains).