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Pérou : activités économiques

L'économie péruvienne

La dépendance vis-à-vis des intérêts et des capitaux anglais puis nord-américains, au xxe s., a privilégié le développement de la côte et de la capitale, Lima, marginalisant la sierra, la plus peuplée à l'époque précolombienne. En 1968, le gouvernement militaire du général Juan Velasco Alvarado entreprend une politique nationaliste et réformiste (nationalisations des banques et des compagnies minières et pétrolières, réforme agraire, politique de substitution d'importations). Mais le pays, très endetté, doit accepter, avec le retour des civils, en 1980, une politique économique néolibérale imposée par le F.M.I. (compressions des salaires et des dépenses publiques, hausse des impôts, production à nouveau tournée vers les exportations). La décennie démocratique qui a suivi la longue période de dictature militaire n'est toutefois pas venue à bout des difficultés économiques qui frappent le Pérou, dont la dette extérieure avoisinait 31 milliards de dollars en 1995. Les tentatives de libéralisation des années 1980 se sont avérées infructueuses, en raison de l'importance de la dette et du moratoire obtenu par le pays. En 1990, l'inflation avoisinait 40 % par mois. Lors de son premier mandat (1990-1995), A. Fujimori prend des mesures drastiques pour enrayer l'hyperinflation (retombée à 11,5 % en 1996) et libéralisa ensuite le marché en harmonisant les taux de change et en abolissant les restrictions sur les flux de capitaux. Le secteur tertiaire, qui a connu une forte expansion, réalise aujourd'hui 56 % du P.I.B., contre 7 % pour l'agriculture et 37 % pour l'industrie. La croissance annuelle reste faible (0,3 % en 1998) et les déficits de la balance commerciale et de la balance des paiements ne permettent pas de réduire la dette extérieure ni d'améliorer le niveau de vie d'une population frappée par un taux de chômage élevé.

1. Agriculture et pêche

Durant la période de réformisme des années 1960-1970, le gouvernement militaire procéda à une redistribution des terres au profit des petits exploitants dans le but d'augmenter la production agricole. Avant la réforme agraire de 1969, les grands domaines des oasis côtières (environ 10 000 haciendas d'une superficie supérieure à 1 000 ha, soit 0,2 % des exploitations), aux mains de l'oligarchie, accaparaient 70 % des terres agricoles. La majeure partie de la population rurale se partageait le reste (près de 90 % des exploitations avaient alors moins de 5 ha), dans la sierra principalement. La réforme agraire a limité la propriété à 150 ha de terres irriguées sur la côte, entre 30 et 55 ha dans la sierra, et créé divers organismes associatifs. La campagne péruvienne est aujourd'hui composée d'unités de production en propriété collective, d'exploitations privées et de petites parcelles paysannes. Mais les circuits de commercialisation, peu favorables aux producteurs, n'ont pas été améliorés.

L'agriculture péruvienne, qui emploie plus d'un quart de la population active, demeure peu productive et axée sur les cultures vivrières. L'essentiel du revenu des agriculteurs moyens provient en effet de la culture du maïs. Toutefois, pour déborder le marché interne, ceux-ci ont de plus en plus recours à l'exportation de produits non traditionnels (asperges, cacao, cochon de lait et fruits). De même, pour rester concurrentiels, ils s'adaptent aux nouvelles technologies, notamment en matière d'irrigation. L'agriculture péruvienne présente de forts contrastes entre la plaine côtière, où les oasis irriguées produisent coton, canne à sucre, riz, café, agrumes et céréales, et la montagne andine, où les zones d'élevage extensif (ovins, bovins, alpagas) sont entrecoupées de cultures vivrières (pommes de terre, céréales). Il existe également une culture traditionnelle de la coca, dont une partie de la production est acheminée vers la Colombie, spécialisée dans la commercialisation de la drogue. La production alimentaire demeure insuffisante en raison de l'essor des villes et de la mutation des modèles de consommation qui privilégient l'usage des farines importées. Le lait, la viande et les oléagineux sont ainsi déficitaires, d'autant plus que les récoltes de l'année 1997 ont été gravement affectées par le phénomène climatique El Niño.

La pêche est la ressource essentielle de l'étroite plaine littorale.

2. Mines et industrie

Le Pérou possède d'importantes ressources minières. Il extrait du cuivre (6e rang mondial en 1999), de l'argent (3e rang), de l'étain (3e rang), du plomb (4e rang), du zinc (4e rang), du fer et du pétrole (ce dernier, exploité dans le Nord et dans la plaine amazonienne, est transporté par pipeline jusqu'à la côte). Les produits miniers constituent, traditionnellement, une importante source de revenus (45 % des exportations en 1996). Au milieu des années 1990, les investisseurs internationaux ont afflué, à la suite de la libéralisation du marché et de la privatisation des compagnies minières, achetées par des entreprises étrangères (Afrique du Sud, États-Unis, Canada, Chine), ce qui a permis, notamment, une modernisation des techniques d'extraction. Dans le nord du département de Cajamarca, à Yanacocha, une joint-venture entre une compagnie nord-américaine et le groupe minier péruvien Buenaventura est, depuis 1993, leader sur le marché de l'or en Amérique latine et l'un des producteurs les plus compétitifs du monde.

Les entreprises industrielles sont concentrées surtout à Lima, malgré les efforts de décentralisation (vers Arequipa et Trujillo). L'agroalimentaire, le textile, la chimie, la métallurgie, la sidérurgie, la construction mécanique et électrique constituent les principales branches d'activités et sont destinées en partie à l'exportation.

Jusqu'en 1990, le secteur industriel faisait l'objet de mesures de protection contre les produits étrangers afin de favoriser la consommation des produits nationaux et l'exportation. Certains abus ont toutefois conduit le nouveau gouvernement à abroger les mesures protectionnistes. Le résultat fut désastreux pour les fabricants de produits manufacturés : en effet, l'ouverture du marché à la concurrence internationale les obligeait à investir dans de nouvelles technologies pour rester concurrentiels, et beaucoup d'entre eux furent contraints de déposer leur bilan. D'autres ont fusionné, à l'image du groupe Cervecerías Unidas Backus y Johnston, leader sur le marché péruvien de la bière depuis 1996. Les exportations de textile, handicapées par la pauvreté des infrastructures de transport et par la surévaluation des taux de change, ont subi une grave récession en 1996, avant de renouer avec la croissance dès l'année suivante (+ 25 %).

3. Commerce et échanges

Les produits traditionnels (minerais, huile, poissons, café, sucre et coton) représentent 70 % des exportations. Les ventes de produits non traditionnels, tels le textile, les fruits, les poissons congelés ou l'acier, ont augmenté de 29 % en 1997 après une chute à 10 % en 1996. Les importations, quant à elles, ont été relancées par la politique d'ouverture du président Fujimori. Le principal partenaire commercial du Pérou demeure les États-Unis (un quart des exportations, un tiers des importations). Le Pérou est, d'autre part, membre de l'ALADI (Asociación Latinoamericana de Integración), créée en 1980 par le traité de Montevideo. Cette association régionale s'est donné pour objectif la levée des restrictions économiques sur les produits circulant entre les pays membres. Depuis le début de la décennie 1990, les échanges régionaux ont repris avec vigueur, puisque l'on notait une croissance de plus de 20 % en 1994.

L'économie péruvienne connaît aujourd'hui une forte croissance, tirée par les exportations (de minerais, de produits agricoles non traditionnels : café et cacao biologiques, asperges, avocats, raisins et mangues, cochons de lait..., et de textile).

En 2012, un accord de libre-échange, l'Alliance du Pacifique, est ratifié entre le Pérou, le Chili, la Colombie et le Mexique, le Costa Rica et le Panamá ayant un statut d'observateur.

Pour en savoir plus, voir les articles géographie physique du Pérou et population du Pérou.