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cathédrale Notre-Dame de Reims

La cathédrale de Reims
La cathédrale de Reims

Cathédrale de style gothique inscrite depuis 1991 sur la liste du patrimoine mondial par l'Unesco avec l'ancienne abbaye Saint-Rémi et le palais du Tau.

Si sur le plan artistique, Notre-Dame de Reims est une des plus admirables parmi les grandes cathédrales gothiques, du point de l'histoire nationale, elle a également joué un rôle essentiel. C'est en effet dans la cathédrale primitive que l'évêque saint Rémi baptisa Clovis le jour de Noël 498 (ou 496) et c'est pour cette raison qu'à partir de Louis VII, tous les rois de France, à l'exception d'Henri IV et de Louis XVIII, y furent sacrés. Le dernier sacre fut celui de Charles X (1825). En grande partie détruite durant la Première Guerre mondiale, la cathédrale a été reconstruite.

Histoire de la construction

Les édifices précédents

Les deux premières cathédrales édifiées à Reims par deux de ses premiers pontifes, saints Sixte et Bétauste, ne s'élevaient pas sur le même emplacement que l'édifice actuel. La légende rapporte que ce fut saint Nicaise, le onzième évêque de Reims, qui fit construire vers l'an 400 une église consacrée à la Vierge à l'emplacement de la cathédrale actuelle. Nicaise fut décapité en 407 par les Vandales sur le seuil même de l'édifice qu'il aurait élevé. Cependant, il semblerait plutôt que l'édifice généralement attribué à saint Nicaise n'ait été construit que vers le milieu du ve siècle.

Vers 820, l'archevêque Ebbon entreprit de reconstruire une nouvelle cathédrale avec l'aide de Louis le Pieux. Son successeur, Hincmar, en célébra la dédicace en 862. Après la guerre de 1914-1918, fut découvert le soubassement de la façade carolingienne, un grand gril ayant supporté les piliers d'une vaste tribune dédiée au Christ.

Au xe siècle, d'assez importantes modifications furent apportées à l'œuvre carolingienne et des remaniements considérables, équivalents à une reconstruction partielle, furent de nouveau opérés au xiie siècle. Le 6 mai 1210, un incendie qui dévasta la ville, anéantit l'édifice.

Les étapes de la construction

Le 6 mai 1211, un an jour pour jour après l'incendie, l'archevêque Aubri (ou Aubéric) de Humbert posa la première pierre de l'actuelle cathédrale. D'après les inscriptions du labyrinthe qu'on pouvait voir jusqu'en 1779 dans le dallage de la nef, Jean d'Orbais en commença la « coiffe » c'est-à-dire le déambulatoire (1211-vers 1231) ; Jean le Loup acheva le chœur et le transept en 1241 ainsi que les deux premières travées de la nef ; il entreprit également les « portaux », c'est-à-dire les portails de la façade occidentale (1231-1247) ; Gaucher de Reims travailla ensuite aux « voussures et portaux » ; Bernard de Soissons fit cinq voûtes et uvra à la rose du grand portail (1255-1290) ; Robert de Coucy, qui mourut en 1311, travailla aux parties hautes de la façade. Ses successeurs, au xive siècle, furent maître Gilles, Jean de Dijon, et Colard de Givry. Cependant, des travaux récents se montrent circonspects quant à l'attribution des ouvrages à chacun de ses maîtres.

Les tours occidentales étaient en cours de construction au moment du sacre de Charles VII ; la tour sud fut achevée en 1435 et la tour nord  vers 1460. Leurs flèches qui devaient donner à la cathédrale une hauteur de 120 m n'ont jamais été exécutées, pas plus que les quatre clochers projetés aux croisillons et dont on ne voit que les souches ; une haute flèche en plomb se dressait sur la croisée.

Le 24 juillet 1481, un nouvel incendie détruisit tout le grand comble et le clocher central ; il endommagea gravement les couronnements des tours du transept, et les frais qu'entraîna la réparation (achevée en 1515) de ce désastre, absorbèrent les ressources qui auraient pu être consacrées à l'achèvement normal de la cathédrale. À la Révolution, l'édifice fut transformé en salle de Club, puis en magasin de fourrage. Le 29 mai 1825, eut lieu le dernier sacre de l'histoire de France, celui de Charles X.

Les dévastations de 1914-1918

La construction de Notre-Dame de Reims, exécutée en calcaire coquillier (extrait des carrières d'Hermonville, Romain, Branscourt et Vandeuil), avait été conduite avec une perfection qui devait la rendre indestructible : toutes les pierres, chevillées et rejointées avec du plomb, formaient un appareil également souple et résistant. Aussi, sa solidité n'avait-elle jamais été compromise avant la guerre, et il fallut les multiples bombardements de 1914-1918 pour entamer un bâtiment qui ne fut, malgré tout, pas abattu.

D'abord légèrement touchée par un obus, le 4 septembre 1914, lors du premier bombardement de la ville, puis sérieusement atteinte les 17 et 18 septembre, respectivement par 3 et 13 obus, la cathédrale fut incendiée le 19 septembre au cours d'un violent bombardement. Ce jour là, les sculptures et les statues de la façade, les pinacles des contreforts, les verrières, les toitures, la nef, le clocher à Ange, subirent les plus irréparables dommages. Les bombardements se poursuivirent pendant toute la guerre - l'édifice reçut au total quelque 300 obus -, si bien qu'en 1918, il était extrêmement ruiné.

Les restaurations d'après-guerre

Dès le mois de septembre 1914, l'administration des Beaux-Arts entreprit la sauvegarde de la cathédrale déjà mutilée : la statuaire fut protégée par des sacs de sable ; les verrières furent démontées et les débris des vitraux brisés recueillis ; on évacua sur Paris les objets précieux du Trésor. Puis, en 1915, Henri Deneux (1874-1969), alors architecte en chef des Monuments Historiques, fut chargé de préserver la cathédrale au jour le jour ; il combla les brèches, les empêcha de s'agrandir, tria et abrita les débris, et, après la guerre, entreprit les travaux de restauration qu'il devait poursuivre jusqu'en 1938. Il faut citer, parmi les réalisations les plus considérables, la réfection d'un pilier sectionné au sud-est de la croisée du transept, dans lequel furent injectées 19 tonnes de ciment liquide sous pression ; le remplacement des charpentes en bois par des charpentes en ciment armé, incombustibles, moins coûteuses et plus légères, se composant de pièces moulées sur place, chevillées de bois et ne pesant jamais plus de 50 kg ; enfin la réalisation, pour la couverture, de feuilles de plomb coulées sur sable.

Les vitraux endommagés pendant la guerre furent restaurés par Jacques Simon (1890-1974), membre d'une famille de maîtres verriers implantée à Reims depuis le xviiie siècle. Il réalisa notamment la rose du transept sud (1936), la petite rose du portail ouest, les dessus des portes des bas-côtés nord et sud (1959), le vitrail du champagne dans le transept sud (1954). En 1974, Marc Chagall créa les vitraux de la chapelle axiale.

Les frais de restauration furent supportés par le gouvernement français. Mais la cathédrale bénéficia également de dons privés. Parmi les plus généreux donataires, il faut citer le nom de John David Rockefeller junior qui prit en charge la toiture.

Architecture

La cathédrale mesure 138 m sous-œuvre et 149 m hors œuvre ; le transept fait 61 m de long à l'extérieur et 49 m à l'intérieur. La hauteur sous voûte de la nef est de 37 m, celle des bas-côtés de 16 m. Les tours de la façade mesurent 81 m de haut. La superficie totale de la cathédrale est d'environ 6 650 m2.

L'extérieur

La façade occidentale est considérée comme l'une des plus splendides conceptions du xiiie siècle. L'étage inférieur présente cinq divisions inégales ; au centre, le grand portail consacré à la Vierge ; de chaque côté, deux portails latéraux, moins importants ; aux extrémités, deux étroites arcades encadrant des bas-reliefs et masquant les contreforts. À ces cinq divisions correspondent cinq gâbles plus ou moins aigus où s'inscrivent des scènes sculptées. Les portails de la façade occidentale sont ornés de sculptures, dont le célèbre ange gardien connu sous le nom de Sourire de Reims.

Au dessus du portail central s'ouvre une grande rose de 12 m de diamètre insérée dans un arc que surmontent des scènes gigantesques très mutilées qui dataient de 1209 et se rapportaient à la lutte de David et de Goliath. Sur les portails latéraux, les tours sont ajourées de deux longues fenêtres jumelées ; sur les contreforts, les niches sommées de clochetons abritent des statues.

L'ensemble est surmonté d'une galerie continue où sont placées des statues colossales, avec au milieu la galerie du Gloria dotée d'un groupe représentant le baptême de Clovis, et, de chaque côté, les galeries des Rois qui se poursuivent sur les faces extérieures des tours. Ces cinquante-six statues ont été exécutées au xvie siècle. Elles mesurent en moyenne 4,4 m et pèsent de 6 à 7 tonnes. La plupart d'entre elles ont fait l'objet de restaurations.

Les deux tours, légères et élégantes, font 81 m de haut ; le projet primitif prévoyait de les surmonter de flèches mais celles-ci ne furent jamais exécutées. Celle du nord fut gravement atteinte pendant la guerre ; six de ses huit cloches furent endommagées.

Le croisillon nord présente trois portes inégales ornées de sculptures ; le croisillon sud, une des parties les plus gravement atteintes, n'a pas de portail ; le chevet est doté de chapelles rayonnantes séparées par des contreforts soutenant d'élégants arcs-boutants.

L'intérieur

La nef, composée de dix travées et flanquée de bas-côtés assez étroits, sans chapelles, est surmontée d'un triforium à quatre baies et d'un haut fenestrage composé, pour chaque travée, d'une fenêtre geminée que coiffe une rose à six lobes.

Le revers de la façade ouest est entièrement recouvert d'un ensemble décoratif du milieu du xiiie siècle : il est formé de scènes en haut-relief abritées sous des arcs trilobés d'un dessin uniforme dont les écoinçons s'ornent de feuillages et d'animaux.

Le transept, assez court, avec deux travées seulement de chaque côté, est flanqué de bas-côtés et offre la même ordonnance que la nef. Le croisillon nord du transept a gardé les boiseries de style Louis XV du tambour de la porte. Son orgue est surmonté d'une grande rose offrant un beau vitrail du xiiie siècle figurant la Création. Le chœur, gravement atteint pendant la guerre 1914-1918, a été intégralement reconstitué. Il est orné de vitraux du milieu du xiiie siècle, qui ont fait l'objet d'une restauration. Le déambulatoire comporte plusieurs chapelles consacrées à saint Jean, à sainte Thérèse de Lisieux, à saint Joseph, au Saint-Sacrement, au Sacré-Cœur, à saint Calixte et à la Vierge.

Le trésor de la cathédrale est conservé dans le palais du Tau qui abritait jadis l'ancien palais archiépiscopal.