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cathédrale Notre-Dame de Chartres

Chartres
Chartres

Édifiée en moins de trente ans, entre 1194 et 1225, pour remplacer l'édifice précédent détruit par un incendie, la cathédrale Notre-Dame de Chartres, chef-d'œuvre de l'art gothique, est l'une des plus vastes de France.

Sa longueur est de 130 m. La nef, dont la voûte s'élève à 37 m au-dessus du sol, est la plus large de France : 16 m entre les piliers. L'importance donnée au chœur et au transept (64 m entre les porches nord et sud) est destinée à faciliter la circulation des pèlerins. Le clocher vieux s'élève à une hauteur de 104 m, tandis que le clocher neuf, construit au début du xvie siècle, atteint 115 m ; c'est la plus haute flèche en pierre de France.

Les statues, les bas-reliefs et les vitraux des xiie et xiiie s., qui forment les principales richesses de la cathédrale, constituent un ensemble unique d'iconographie chrétienne et d'art sculptural gothique.

Une chapelle est consacrée à la Vierge au pilier, qui fait l'objet d'un pèlerinage annuel des étudiants (fin avril) et de la procession « du vu de Louis XIII » (le 15 août).

Histoire

Au moins cinq édifices, chacun remplaçant un précédent plus modeste, détruit par le feu, se sont élevés successivement sur l'emplacement de l'actuelle cathédrale.

Du premier, datant sans doute du ive ou du ve s., on sait seulement qu'il se superposait déjà à des constructions antiques. Il n'en reste que quelques murs, dans la crypte carolingienne de Saint-Lubin, qui est elle-même le seul élément qui a survécu de l'église édifiée au ixe s., et qui fut détruite en 858 lors d'un raid des Vikings. Une nouvelle église, reconstruite sur les ruines de celle-ci, fut consacrée sous Charles le Chauve, qui lui fit don de la Sancta Camisia, le voile que la Vierge aurait porté le jour de la naissance de Jésus (cette relique est toujours conservée dans le Trésor de l'actuelle cathédrale).

Après un violent incendie, en 1020, l'église fut reconstruite par l'évêque Fulbert (1006-1028) ; par ses dimensions et par son plan, c'était un édifice exceptionnel, le plus vaste de l'époque. De même largeur que la cathédrale actuelle, il lui manquait en longueur le massif occidental avec ses deux tours et son portail royal. Fulbert fit de Chartres un des plus brillants centres d'études en Europe, et de nombreux clercs constituèrent une école dont le rayonnement justifie l'appellation de « renaissance du xie s. » que les historiens donnent parfois à cette période.

Après un nouvel et terrible incendie, survenu le 10 juin 1194, seuls restaient en état de la cathédrale de Fulbert les cryptes et le massif occidental. Trente années suffirent pour reconstruire une nouvelle cathédrale. Cette réussite extraordinaire fut rendue possible par le sursaut mystique de toute une cité qui mobilisa toutes ses ressources : donations des grands, quêtes sur un territoire immense, prélèvements massifs sur les revenus des chanoines, participation de toutes les forces vives de la ville. Des équipes de l'ordre de trois cents ouvriers et artisans travaillèrent en permanence sur le chantier. Dans l'ensemble, le plan de Fulbert fut conservé, mais quatre chapelles rayonnantes y furent ajoutées.

En 1095, débutèrent les travaux des transepts ; le labyrinthe fut mis en place en 1200 ; les voûtes des collatéraux furent commencées en 1205 ; le porche sud fut mis en place dès 1210 ; en 1215, le porche nord et la grande rosace occidentale étaient achevés ; les voûtes du chœur, commencées en 1220, étaient terminées en 1223. La tour est fut achevée en 1231.

Les travaux de finition se poursuivirent jusqu'à la dédicace de la cathédrale, qui fut faite par le roi Saint Louis en 1260.

Le portail Royal

Ce triple portail (1145-1170), consacré à la glorification du Christ, constitue une œuvre majeure de la sculpture romane. Son iconographie est le reflet de la pensée théologique des clercs de l'école de Chartres alors à son apogée.

La baie centrale

Elle s'organise autour de la figure du Christ en majesté entouré des animaux du tétramorphe (figuration des symboles des quatre évangélistes), composition exceptionnelle par la pureté des lignes, le raffinement des détails, l'expression de grandeur apaisante. Au-dessous, groupés par trois, les apôtres. Dans les voussures, les anges et les vieillards de l'Apocalypse.

Dix-neuf grandes statues-colonnes encadrent les portes, figurant les ancêtres du Christ. Certaines, érodées, ont été remplacées par des copies. Les chapiteaux racontent la vie de la Vierge et celle de Jésus selon le Nouveau Testament et les évangiles apocryphes.

La baie de droite

Elle est consacrée à l'enfance de Jésus. Au sommet du tympan, il est représenté sur les genoux de la Vierge, figurée en majesté selon une tradition byzantine. Au linteau inférieur se trouve l'Annonce aux bergers, d'un style très populaire. Dans les voussures, les signes du zodiaque, une représentation des arts libéraux et de personnages illustres de l'Antiquité.

La baie de gauche

Son tympan est décoré d'une représentation de l'Ascension ; dans les voussures, les signes du zodiaque et les travaux des mois.

Le labyrinthe

Incrusté dans le sol de la nef, ce dessin énigmatique est l'un des très rares exemplaires d'une figure très répandue dans les églises vers 1200, et sans doute l'un des plus grands. Symbolisant le long cheminement de l'homme vers la Jérusalem céleste, onze anneaux constitués de 365 dalles blanches et noires alternées s'enroulent selon un dessin complexe de la périphérie vers le centre d'un cercle. Le diamètre extérieur de cette figure approche 13 m ; le développement du « chemin », qui a été calculé, représente 261,5 m. Des mesures précises révèlent que ce dessin était en rapport mathématique avec le plan général de la cathédrale : centré sur l'axe transversal des piliers, à mi parcours sur l'axe de la nef, il est placé à une distance du portail Royal égale à la hauteur du centre de la rose par rapport au sol.

Les vitraux

Les vitraux de Chartres, pour l'essentiel du xiiie s., constituent la collection la plus riche en France par leur ancienneté et leur beauté. Entre 1200 et 1235, toute une génération de maîtres verriers a exécuté 172 vitraux qui représentent une surface de plus de 2000 m2. Les importantes différences de style s'expliquent par l'appel à de nombreux artistes. Une des particularités vient du fait qu'un grand nombre de verrières furent offertes par de grands personnages du royaume, mais aussi par des confréries qui regroupaient sous le patronage d'un saint les gens d'un même métier. En guise de signature, ils se représentaient, et c'est ainsi qu'on peut voir sur ces chefs-d'œuvre de lumière le peuple laborieux du xiiie s. au travail.

À l'étage supérieur, les grands personnages sont traités pour une vision assez éloignée : prophètes, apôtres, confesseurs. Dans les bas-côtés et les déambulatoires, les baies comportent plusieurs scènes dans les médaillons entourés de fonds variés. On y retrouve des épisodes des évangiles, des vies des saints et même des légendes, telle celle de Charlemagne.

Les grandes roses

La rose occidentale

La rose occidentale représente le Jugement dernier. Dans une petite rose centrale encadrée de rayons et de douze roses circulaires flanquées de petits oculi, le Christ entouré d'anges et des quatre bêtes de l'Apocalypse ; autour, Abraham et les élus, puis les douze apôtres. Cette rose est la plus ancienne (vers 1215, avec des éléments taillés bien avant la pose, les sculpteurs travaillant au sol pouvant devancer les maçons).

La rose sud

Dans la rose sud, qui représente l'Apocalypse, les éléments circulaires sont dominants. Ils la rendent plus légère, plus joyeuse, et le cadre même est allégé. Cette rose fut réalisée entre 1224 et 1227.